Cadrage : Tout ça pour ça

Dans certains cafés malfamés sur la frontière algéro-marocaine, les clients ont pris l’habitude de s’adonner à un divertissement très particulier et très original : regarder la télévision algérienne lorsqu’elle passe les discours et les activités du président Abdelaziz Bouteflika, et surtout lorsqu’il parle du Maroc et des Marocains, et se livrer à des commentaires d’accompagnement des balivernes, incohérences, grossièretés et volte-faces de cette ancienne connaissance qu’est l’ancien élève des écoles d’Oujda. Ces habitués doivent ces derniers temps particulièrement se régaler, à suivre les aventures et mésaventures de leur trublion de héros.
Il faut reconnaître que Bouteflika s’est notoirement surpassé, depuis quelques mois. Voyant sa marge de manoeuvre politique se rétrécir comme peau de chagrin sur le plan intérieur, incapable de trouver un début de soupçon de réponse aux graves problèmes sécuritaires que vit le peuple algérien martyr, en panne de toute forme d’initiative qui remettrait son pays dans une dynamique économique et sociale qui lui permettrait de sortir l’Algérie du marasme et de la déprime dans lesquels les héritiers du FLN l’ont plongée, le voilà qui se démène pour exister et reprendre la main sur le compte de pseudo-initiatives dans le dossier du Sahara marocain. Une manière de botter en touche et de faire une diversion qui le rend pathétique, n’étaient les sentiments patriotiques de tout un peuple, le peuple marocain, de Tanger à Lagouira, que le Chef de l’État algérien aime tant à insulter et à provoquer.
En puisant dans ses anciennes réserves de chef de la diplomatie boumédiènienne, Abdelaziz Boutéflika, apparemment sans même tenir compte de la position entendue parmi ses maîtres galonnés qui tiennent réellement le pouvoir en Algérie, ni de celle qui a de tous temps été donnée pour doctrine à leur création du polisario, est allé s’embourber dans ce canular dénommé par ses amis des fanges d’Espagne et d’ailleurs la « quatrième voie », prévoyant une partition des provinces du sud marocain pour les beaux yeux d’un agité en mal de crédibilité.
Devant le tollé général suscité par cette voie sans issue, au Maroc d’abord, qui est le premier concerné, mais aussi parmi tous ceux qui y voient une provocation de plus à l’égard du royaume et de ses intérêts sacrés susceptible d’envenimer davantage le climat de tension et de suspicion entre les deux États voisins, Boutéflika est en train de faire marche arrière, dans un écran de fumée, ou mieux encore dans le brouillard et les mirages des dunes de Tindouf pour se déjuger, une fois encore, et revenir dans le droit fil des rengaines stéréotypées d’il y a un quart de siècle. Tout ça pour ça ! En attendant, les clients des gargotes en mal de divertissement, pourront toujours s’esclaffer sur les discours de solidarité et les déclarations qui se veulent solennelles du père Ubu d’Alger.

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