Cadrage : Un horrible drame

Le quintuple infanticide du 28 février a fait couler en Belgique beaucoup d’encre et … de « larmes ». Même si l’enquête judiciaire, menée par un tribunal de Nivelles, qui a été le théâtre du drame, n’a toujours pas livré ses secrets. Les enquêteurs ont encore trois mois devant eux pour dénouer l’écheveau. Rien n’a donc filtré sur cette affaire, à part une campagne menée par certains médias belges qui se sont acharnés contre le père des victimes, Bouchaïb Lemkadem. Cette presse, qui s’est nourrie aux mamelles de l’extrême-droite, s’est substituée à la justice pour condamner gratuitement, et sans appel, un père dont le seul « délit » est d’avoir une origine marocaine.
Cette attaque, d’une violence haineuse sans faille, a pris une telle proportion que la femme même qui a commis le quintuple infanticide, Geneviève Lhermite (Jamila Lemkaddem), est sortie de son silence pour traiter les auteurs des bavures racistes de « bande d’imbéciles». L’époux, qui affirme (voir l’interview ci-contre) n’avoir jamais divorcé de sa femme, qu’il affectionne encore et toujours, ne veut rien entendre aux rumeurs «infondées et gratuites». «Je ne suis ni juge, ni avocat», a-t-il répondu à la question d’ «ALM» sur les mobiles du crime. «C’est un mystère ?», s’est-il contenté de dire. Une chose, cela étant, est sûre.
L’amour que voue M. Lemkadem à sa femme est resté intact. En dépit de l’horreur du crime, l’époux continue de s’accrocher à ce bout d’espoir : «Retourner à une vie commune avec cette femme chaleureuse, affectueuse …». Qu’en pensent certains médias belges qui ont fait circuler la rumeur, comme quoi «M. Belmkadem a une seconde femme et un enfant à Agadir»? Rien, décidément.
A part, peut-être, le mal qu’ils pensent de leur victime. M. Lemkadem, paraît-il, a eu «tort» d’appartenir à un pays connu pour sa tolérance légendaire. «Quand ma femme m’a demandé de lui pardonner, je lui ai dit que mon pardon est automatique. Mais c’est Dieu, et seulement Dieu, qui peut décider du pardon», nous a-t-il dit. «J’ai bien un mari exemplaire, qui était vraiment à la hauteur d’un papa digne», a certifié Mme Lhermite dans une déclaration à la police. Que faut-il bien retenir de cette histoire ? L’amour que partage le couple a incroyablement survécu à la tragédie. Certains médias belges, qui ont déployé de gros moyens pour salir la réputation de l’homme, n’ont pas «réussi» à entacher cet amour. Ni à ouvrir une seule brèche dans sa forteresse solide.
Maintenant, il y a lieu de  regretter la disparition des cinq jolis petits et petites qui ont payé de leur vie un acte de folie extrême : Yasmine, Noura, Meryem, Mina et le petit Mehdi. «Ils sont des anges, ils doivent prier dans leurs tombes pour que Dieu te pardonne», a dit l’époux à sa femme. M. Lemkadem a tout perdu, sauf sa foi. S’il affirme «n’avoir plus rien, ni enfants, ni maison», il n’en garde pas moins un grand atout : son grand coeur. L’homme est resté debout, malgré la dureté inouïe de l’épreuve. Une belle leçon de courage.

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