Cadrage : Une démocratie patriote

Dans un moment de tension comme celui qui marque actuellement l’actualité nationale, en relation avec les agressions des autorités espagnoles contre notre intégrité territoriale, certains commentateurs veulent vite aller en besogne et conclure à la fragilité de la position du Maroc. Dans cette optique, on avance que le Royaume est pris en étau entre l’hostilité de l’Algérie à l’Est et celle, de plus en plus acerbe, de l’Espagne au Nord, en plus des difficultés qu’il rencontre, sporadiquement, sur son flanc sud.
Or, il faut rappeler que cette situation est loin d’être inédite. Depuis plusieurs décennies déjà, le Royaume, compte tenu de ses spécificités, de son indocilité et de son attachement à son indépendance et à son authenticité, a développé une sorte de culture et de réflexes insulaires. Il ne faut surtout pas oublier qu’à l’Est, le Maroc, depuis qu’il a résisté à l’invasion ottomane parvenue jusqu’à ses portes, a dû faire face en permanence à des agressions, à des tentatives d’invasion et à une hostilité quasi continuelle, qui se perpétue encore de nos jours, sous diverses formes.
Au Nord, l’Espagne, que ce soit du temps du franquisme ou sous ses nouveaux habits, se proclamant de la démocratie et de la modernité, n’a cessé de lorgner sur les territoires et la souveraineté marocains, usant de toutes formes de subterfuges et d’entrisme, et recourant, en définitive, comme c’est le cas actuellement, aux vieilles recettes de l’agression militaire, faisant fi de toutes considérations de bon voisinage ou d’un quelconque principe du droit international, hormis une interprétation très subjective et fortement inspirée du glossaire colonialiste le plus éculé.
Le Sud, qui constitue l’espace d’enracinement naturel du Maroc, depuis des lustres, n’a été problématique que quand nos deux voisins précités s’en sont mêlés, avec des intentions fortement malignes.
Mais le véritable front dont il s’agit aujourd’hui est le front intérieur. L’épreuve à laquelle est soumise notre démocratie naissante est celle qui consiste à préserver les libertés acquises sans que cela ne soit en contradiction avec la défense de notre intégrité territoriale, de notre souveraineté et de notre dignité en tant que Marocains et fiers de l’être. La démocratie marocaine, comme toute autre démocratie, doit aussi être capable de gérer des crises. Dans un contexte comme celui de la résistance à des ingérences et à des agressions étrangères, il n’y a plus aucun calcul partisan ou corporatiste à observer.
C’est le gouvernement, le Parlement, la classe politique et l’ensemble de la société civile qui sont tenus de se mobiliser et de s’exprimer sans équivoque. Nulle neutralité n’est possible, dans une situation de belligérance comme celle qui nous est imposée par nos voisins espagnols.
Madrid rêve, apparemment, d’une croisade colonialiste contre le Maroc. Pour commencer. Faisons en sorte, ensemble, que ce projet fou et irrationnel se brise sur le front intérieur marocain consolidé par une démocratie dyamique et authentique.

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