Caisse de compensation : Bank Al-Maghrib alerte sur le dépassement du budget prévisionnel

Caisse de compensation : Bank Al-Maghrib alerte sur le dépassement du budget prévisionnel

Au premier semestre 2010, la Caisse de compensation a été épuisée à hauteur de 91,8%. Reste donc que 8,2% pour passer le reste de l’année. Bank Al-Maghrib, dans le dernier numéro de sa revue mensuelle de la conjoncture économique, monétaire et financière, tire la sonnette d’alarme en révélant «un dépassement de prévision». «Les charges de compensation, prévues à 14 milliards, ont été exécutées à concurrence de 91,8%, tandis que les dépenses d’équipement ont été exécutées à hauteur de 55%, ce qui laisse indiquer un dépassement de la prévision initiale», lit-on dans ce rapport. Cette augmentation des charges de compensation a eu un impact négatif sur les dépenses globales. «Les dépenses ordinaires, établies à 85,9 milliards, ont progressé de 18,7%, suite à l’expansion des charges de compensation qui se sont chiffrées à 12,9 milliards au lieu de 3,8 milliards au terme du mois de juin 2009, ainsi qu’à la hausse des dépenses des comptes spéciaux du Trésor de 9,7 milliards et de celles de fonctionnement et de 4,7 milliards», explique -t-on dans ce document. Lors de l’élaboration du projet de la loi de Finances 2010, il y a presque un an, Salaheddine Mezouar, ministre de l’Économie et des Finances, tablait sur un taux de croissance de 3,5 %, un taux d’inflation de 2% et un déficit budgétaire de 4%. Le tout a été élaboré sur la base d’un baril de pétrole à 75 dollars. Mauvaise prévision, le baril frôle depuis le début du mois d’août les 80 dollars. A fin juin 2010, les importations des produits énergétiques ont connu une hausse vertigineuse de 44,1% passant de 23,102 milliards de dirhams au premier semestre 2009 à 33,293 milliards de dirhams. Soit une augmentation de 10,19 milliards de dirhams en 6 mois. Cette hausse provient des importations d’huile brute de pétrole (+71,2% ou +4.974,5 MDH), de gaz de pétrole et autres hydrocarbures (+50,6% ou +2.200,2 MDH), de gas-oils et fuel oils (+29,8% ou +2.041,1 MDH) et d’énergie électrique (+1.621,4 MDH), selon les statistiques semestrielles de l’Office des changes. Pour rappel, Bank Al-Maghrib a souligné dans sa revue mensuelle que le budget de la loi de finances 2010 s’est soldé à fin juin par un déficit de 16,8 milliards de dirhams, contre 17,2 milliards à la fin de mai 2010 et 6 milliards d’excédent à l’issue de la même période de 2009. Selon Bank Al-Maghrib, Cette situation est le résultat de l’expansion des dépenses de compensation, en hausse de 9 milliards, et de la baisse des rentrées fiscales (1,3%) imputable en grande partie aux réaménagements fiscaux mais également à l’évolution encore mitigée de l’activité dans certaines branches.

Recettes fiscales : Recul de 1,3% à fin juin 2010
Les recettes fiscales, qui ont entamé leur tendance baissière depuis janvier 2009, continuent à enregistrer des replis. En effet, chiffrées à 88,6 milliards DH, elles ont reculé de 1,3% comparativement à fin juin 2009, recouvrant ainsi une baisse de 19,5% des produits des impôts directs et un accroissement de 15,3% des impôts indirects, les autres recettes fiscales ayant été en hausse, selon la même source. La plus importante baisse a concerné l’impôt sur les sociétés qui a perdu 23,5% pour s’établir à 20,3 milliards DH. En liaison avec les réaménagements à la baisse des taux de l’impôt sur le revenu, les produits de ce dernier ont également connu un repli de 1,5 milliard DH pour réaliser une recette de 11,8 milliards DH. En revanche, en liaison avec la relance de la demande et la hausse des importations, la taxe sur la valeur ajoutée, d’un montant de 33,1 milliards DH, a drainé une recette supplémentaire de 5,2 milliards DH comparativement à la même période de l’année précédente, dont 3,8 milliards DH liés à la TVA sur les importations.

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