Camps de Tindouf : 30 ans de calvaire au quotidien

Les Sahraouis qui étaient alors âgés de plus de 15 ans le savent. C’était en ce mois de novembre 1976 que le calvaire des 58.000 séquestrés, qui vivent aujourd’hui dans des conditions infra-humaines dans les camps de Tindouf, commence.
Le Polisario avait demandé, alors à beaucoup de gens à assister à des meetings à Gueltat Zemmour et lorsqu’ils s’y sont rendus, on leur a demandé de participer à un autre meeting à Bir Lahlou. Ensuite, on leur a demandé d’aller à Tindouf pour les piéger et ne plus leur permettre d’en sortir.
C’est ainsi que la plupart d’entre eux, par manque de moyens de transport, sont restés piégés à Tindouf jusqu’à nos jours. Toutefois, beaucoup d’entre eux ont fini par se rendre compte du piège qui leur a été tendu. Ils ont utilisé tous les moyens pour rentrer chez eux, à Samara, à Laâyoune, à Dakhla et à Aouserd, certains y sont parvenus au long de ces 30 dernières années, les autres subissent encore les souffrances de la vie dans les camps. Le Polisario a prémédité, planifié et exécuté l’installation des camps sur le territoire algérien.
Aujourd’hui, la situation des séquestrés de Tindouf est telle qu’elle a été qualifiée de désastreuse par différents organismes internationaux, le PAM, le HCR, Médecins du Monde … Selon le programme alimentaire mondial (PAM), ils ne reçoivent qu’environ 60.000 rations alimentaires. Et ce qui aggrave encore plus leurs souffrances, ce sont les pluies orageuses qui s’abattent sur la zone et qui ont détruit l’année dernière plus de la moitié des habitations des camps.
Les enquêtes réalisées dans ce sens par plusieurs ONG, comme la Fondation « France Liberté» et l’ «American Refugee Committee», auront démontré ces faits, l’aide humanitaire destinée aux séquestrés est vendue ou échangée. Cela après avoir été transférée dans des sacs ne comportant aucun signe distinctif.
En plus de la misère absolue, ces populations sont surveillées jour et nuit par le Polisario qui embrigade leurs enfants dans des écoles, ne leur enseignant que la haine et ne leur inculquant que le désespoir. Inspirée du modèle communiste, la structure mise sur pied dans les camps de Tindouf a pour but de casser les liens à l’intérieur de la famille, en isolant chaque individu dans une cellule politico-militaire, où il est soumis en permanence à un endoctrinement et un lavage de cerveau systématique par des commissaires politiques.
Les Sahraouis de Tindouf sont pris en otage, démunis de pièces d’identité, confinés dans des camps et ne disposant pas de liberté de circulation.
Privés de liberté de circuler, contraints de voir leurs enfants embrigadés, de les voir grandir dans la culture de la haine et du désespoir, les Sahraouis des camps de Tindouf ne peuvent plus disposer d’eux-mêmes. Ce sont là les véritables et plus importantes violations des droits de l’Homme. Car elles touchent à l’essence même de l’Homme et à sa liberté de choisir et de disposer de lui-même et de sa famille.

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