Canaries : La fin des malentendus

Canaries : La fin des malentendus

L’histoire d’amour entre le Maroc et l’Espagne s’affermit. La visite au Maroc du président du gouvernement autonome des Canaries confirme l’inauguration d’une nouvelle page dans les relations entre les deux pays. Cette page est d’autant appréciable que les rapports entre les Canaries et le Maroc ont toujours buté contre la propagande indépendantiste des polisariens. Leur lobbying avait empêché l’établissement de projets de partenariats entre deux voisins que tout rapproche. Cette tendance a été battue en brèche, une première fois au mois de septembre, à l’occasion de la visite à Laâyoune d’une centaine d’hommes d’affaires canariens et des présidents des Chambres de commerces de Las Palmas.
De nombreux accords d’échange ont été signés.
D’autres encore plus importants ont été conclus à l’occasion de la visite du président des Canaries, Adan Martin. Atteste de l’intérêt de cette visite, la forte délégation qui l’a accompagné : José Carlos Mauriciou Rodriguez, ministre régional de l’Economie et des Finances, Luis Soria Lopez, ministre régional de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles technologies et José Miguel Ruano Leon, ministre régional de l’Education, de la Culture et du Sport. Ils ont eu des entretiens au plus haut niveau au Maroc.
A cet égard, S.M le Roi Mohammed VI a reçu, lundi au Palais Royal de Casablanca, le président du gouvernement autonome des Canaries. Ce dernier a eu également des entretiens avec le Premier ministre Driss Jettou, avec le ministre de l’ Intérieur, Al Mostapha Sahel, avec le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Mohamed Benaïssa et avec les présidents de la Chambre des représentants et de la Chambre des conseillers.
Les ministres qui l’accompagnent se sont également entretenus avec leurs homologues marocains. Le ministre de l’Industrie, du Commerce et des Télécommunications, Rachid Talbi El Alami, a initié des projets de partenariats avec Luis Soria Lopèz.
Pareil pour le ministre de l’Education nationale et de la Jeunesse, Habib El Malki, qui s’est entretenu avec José Milguel Ruano Leon. Ces rencontres ont été consacrées, lundi, par la signature d’un mémorandum d’entente entre le Royaume du Maroc et les Iles Canaries. Ce mémorandum servira de cadre de référence pour le renforcement de la coopération et ouvre une page inédite dans l’Histoire des deux parties.
S’exprimant lundi lors d’un point de presse, le président du gouvernement autonome des Canaries a reconnu implicitement les nuages qui ont rembruni dans le passé le ciel des deux voisins.
Mais il a ajouté que cette visite a permis d’établir «des liens personnels et de confiance, ainsi que d’ouvrir de nombreuses perspectives de coopération au niveau économique, politique, social et culturel, à même de contribuer au développement de la coopération bilatérale». Il a aussi utilisé une expression dont on devrait attendre tout le meilleur: les intérêts du Maroc et des îles Canaries sont «complémentaires».
Géographiquement, les îles Canaries se situent à 100 km des côtes marocaines. L’Union Européenne a établi une distinction entre les pays européens à proprement parler et sept régions périphériques, dont les Iles Canaries. Elle a demandé à ses régions, qui font partie d’un programme nommé Macaronésie, de développer des projets de partenariat avec leur prolongement géographique.
«Les provinces du Sud sont naturellement appelées à constituer l’arrière-pays des Canaries», explique à ALM Mohamed Rharrabi, wali de Laâyoune, Boujdour, Sakia El Hamra. Il ajoute que des contacts sont pris entre les Chambres professionnelles des deux parties en vue de créer une zone franche à Laâyoune. «Cette zone serait une plate-forme pour conquérir les marchés de l’Afrique de l’Ouest», précise le wali. D’autres projets sont à l’étude, particulièrement en ce qui concerne le tourisme. Les professionnels canariens seraient intéressés par les produits des provinces du Sud. Les régions de Boujdour et Dakhla font l’objet d’une attention particulière, dans le but de les compter parmi le parcours des étapes proposées aux 12 millions de touristes qui se rendent chaque année aux Canaries. Ainsi l’économie, longtemps jugulée par la faute des lobbyistes polisariens, va devenir le vecteur de développement entre les deux régions. L’entente politique coulerait de source alors.

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