Casablanca : Trois kamikazes neutralisés

Casablanca : Trois kamikazes neutralisés

Trois kamikazes et un inspecteur de police ont trouvé la mort, hier mardi, lors d’une opération des services de sécurité au quartier populaire Hay El Farah. Deux des trois kamikazes ont déjà été identifiés. Il s’agit de Mohamed Mantala et de Mohamed Rachidi. Le premier a été abattu par la police lors du raid matinal alors que le deuxième a fait exploser sa bombe, vers 15h30, blessant à mort un inspecteur de police : Mohamed Zindiba, mort lors de son transfert à l’hôpital. Le troisième kamikaze, non encore identifié, a actionné sa charge explosive au moment où il avait été cerné par la police sur les terrasses de maisons de la rue 48 du même quartier. Les trois kamikazes étaient en relation avec le groupe de Abdelfettah Raydi, le kamikaze tué par sa bombe dans un cybercafé à Sidi Moumen, le 11 mars dernier. Un autre policier et un enfant du quartier avaient été blessés dans l’après-midi. Leur état de santé est stable, selon des sources sur place. 
Le raid policier avait été mené à l’aube vers 04H30 quand des dizaines de policiers avaient quadrillé la rue 48 de Hay El Farah où s’étaient établis, il y a une vingtaine de jours, trois terroristes. Ces derniers, selon le récit fait aux journalistes sur place par Abdellatif Mouaddib, adjoint du préfet de police de la métropole, avaient été sommés de se rendre. Au lieu d’obtempérer aux ordres de la police, celui qui sera identifié plus tard comme étant Mohamed Mantala quitte le rez-de-chaussée du numéro 35 en brandissant un sabre et menaçant de faire actionner la charge explosive qu’il portait. Après sommations d’usage, les policiers font feu et le terroriste rend l’âme lors de son transfert vers l’hôpital. Ses deux acolytes se réfugient sur les terrasses des maisons de cette rue-cul-de-sac et essaient de trouver une échappatoire. Peine perdue. L’un d’entre eux, Mohamed Rachidi, actionne sa bombe et ce sont les vitres des maisons avoisinantes, mais aussi de la mosquée Abbassi à quelques mètres, qui lui font écho. Déchiqueté par sa bombe, ce sont les éléments de la police scientifique qui devront se démener pour ramasser les morceaux de son corps disséminés sur un très large rayon. 
Le troisième terroriste est parvenu à échapper à la vigilance de la police pour ne refaire surface que vers 15h30. Pris de panique lors de sa fuite pour quitter le quartier où il s’était terré toute la journée, il actionne sa bombe qui le tue sur place : la force de l’explosion a projeté son tronc et ses membres supérieurs à une dizaine de mètres de ses membres inférieurs. L’explosion s’est produite à une trentaine de mètres de la maison où résidaient les kamikazes.
Selon les témoignages recueillis par ALM sur place, les trois terroristes sont des inconnus à ce quartier où ils avaient loué une maison tout en évitant de fournir la moindre pièce d’identité. Pour davantage de précautions, l’un d’entre eux avait amené avec lui sa femme et un bébé et tous se faisaient le plus discrets possible pour ne pas attirer l’attention. Peine perdue encore une fois puisque, de sources policières, les trois individus étaient étroitement surveillés depuis plusieurs jours surtout qu’il s’agit, pour l’un d’entre eux au moins, de dangereux terroristes.  Pendant toute la journée de mardi, la police scientifique continuait de travailler sur place pour recueillir le plus d’éléments possible alors que des effets et divers matériaux avaient été emportés au laboratoire spécialisé pour les analyses de rigueur.

Mohamed Mantala, fin de quatre ans de cavale

Le terroriste tué par la police à Hay El Farah, Mohamed Mantala, n’est pas inconnu au bataillon des kamikazes. Juste après les attentats du 16 mai 2003, son nom est cité parmi les individus recherchés et les plus dangereux à l’image de Youssef Addad, de Abdelmalek Bouyzkarne, Mohamed Jarmouni et les frères Lemnaouer. Officiellement, il faisait partie des terroristes qui devaient attaquer des cibles à Marrakech, quelques mois après les attentats de Casablanca. Lors du raid policier de Sidi El Khadir à Hay Hassani, le 1er mai 2004 à Casablanca, Mohamed Mantala réussit à s’enfuir en compagnie de Youssef Addad alors que trois autres dangereux terroristes sont arrêtés. Celui qu’on prénommait "Warda" (sa mère s’appelant Wardia) est né le 1er mai 1975. Célibataire, et mécanicien de profession, il habitait avec ses parents à Douar Skouila.  

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *