Casablanca, un monstre qui fait peur

Cela fait longtemps que Casablanca est devenu un monstre qui fait peur.
Les problèmes dont cette métropole souffre ne sont pas seulement ceux inhérents à une métropole en pleine expansion. En d’autres termes, la capitale économique du Royaume ne paie pas uniquement le tribut de la modernité et du développement. Les maux qui minent la ville proviennent en grande partie de la mauvaise gestion qui a caractérisé depuis des décennies l’espace urbain.
Les problèmes se sont accumulés, voire aggravés. L’improvisation a tous les étages a tenu lieu d’une vision d’ensemble et d’une approche scientifique. Les conséquences sont aujourd’hui visibles à l’oeil nu. Un massacre. Un transport urbain anarchique : des bus déglingués et polluants, des grands taxis roulant à tombeaux ouverts. Une circulation infernale complexée par la croissance soutenue du parc automobile. Tout cela sur fond de non-respect du code de la route et d’incivisme au volant. Pour une circulation fluide et mieux organisée, il faut commencer d’abord par la réglementation du transport urbain en révisant, à la lumière des enjeux actuels, les conditions du cahier de charges pour les sociétés de transport qui, il faut le reconnaître, sont devenues nombreuses et encombrantes. Les grands et les petits taxis, quant à eux, ajoutent à la confusion en l’absence d’une cadre réglementaire qui les régit alors que le solution pourrait être la création de société de taxis privées sur la base d’un cahier de charges aux normes et aux conditions claires, à l’image de ce qui se passe dans les pays européens. Si Driss benhima, Wali du Grand Casablanca, réussit à lancer pour de bon le chantier du métro gelé depuis des décennies, il aura rattrapé le retard pris en la matière et aura réussi, d’ores et déjà, une grande partie de son mandat.
Casablanca, livrée à elle-même ou plutôt à un personnel local souvent incompétent et vorace, est en fait victime d’une gestion trop administrative aux relents un peu sécuritaires. Le système des autorisations, souvent non contrôlées, pour exercer n’importe quelle activité ou construire des baraquements ont contribué à installer, au fil des ans, un décor de désolation. Un urbanisme désorganisé, sans âme, à la face hideuse.
Des constructions dépourvues d’harmonie, érigées n’importe comment. Tout se passe comme si Casablanca était devenue une cité-dortoir avec une volonté sournoise de la ruraliser. L’insécurité est venue se greffer sur les mille et un maux de la ville à cause de l’oisiveté et le chômage des jeunes ainsi que la promiscuité et la misère prévalant dans les quartiers difficiles. Une poudrière. Ceci est une autre paire de manches. M. Benhima, avec toute la bonne volonté du monde, n’arrivera pas seul à réduire le malaise social à Casablanca. Par contre le Wali du Grand Casablanca est attendu surtout sur des mesures ciblées et un travail de proximité à même de corriger les erreurs du passé. En somme, une mission de redressement et de sauvetage d’une ville qui mérite mieux que son sort actuel.

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