Ce PJD qu’on courtise

Est-il possible, aujourd’hui, de faire une évaluation précise du poids des formations islamistes marocaines, en toute objectivité et sans grand risque? Personne ne peut s’aventurer sauf pour dire que les islamistes du PJD occupent une place qui les prédispose du moins à jouer l’arbitre, sinon à être l’élément incontournable de toute coalition future.
Des généralités qui ont leur pesant d’or en période électorale. C’est que de tout bord, on commence à lorgner du côté du PJD. Des réunions communes par-ci, des communiqués conjoints par-là. On sortait les Islamistes comme épouvantail, aujourd’hui on nous sort le PJD comme le rempart contre l’intégrisme et on veut en conséquence s’allier avec lui.
Le Parti de l’Istiqlal, aussi islamiste soit-il, courtise le PJD. Les mouvements populaires, toutes variantes confondues, en font de même. Alors on se demande: que pèse électoralement parlant le parti de M. Benkirane ?
Dans ce contexte, les partisans d’Al AdlWal Ihssane de cheikh Yassine, dans leur grande majorité sont perçus comme des aigris, sauf pour certains de ses leaders les plus en vue, style Abdelouahed Moutawakil ou Fathhallah Arsalane, derrière le discours maximaliste desquels se profile une volonté non diffuse de rejoindre le jeu politique. Ceci pour dire que l’organisation de Cheikh Yassine prépare le long terme. Ce qui, théoriquement, permet aux services de sécurité de la bien border et de minimiser son avancée, et pourquoi pas la noyauter…
L’objectif est le même pour le Parti de la justice et du développement (PJD). Pour cette formation légale, composée de plusieurs organisations, le but est le même : instaurer le régime islamique. Les moyens diffèrent et c’est pour cela qu’ils ont choisi de prendre part aux élections. En quelque sorte, parvenir à installer l’islamisme par la voie des institutions. Ce n’est pas mal comme stratégie, disons-le. Mais entre la gestion quotidienne du PJD en tant que parti et les réglages spécifiques de chacune de ses composantes, il y a risque de dérapages et Abdelkrim Khatib, patron officiel du PJD, n’est pas à l’abri de coups tordus…

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