Céramique : une industrie à capitaux nationaux

Secteur à forts capitaux marocains, l’industrie de la céramique est à la croisée des chemins. D’après l’Association des producteurs (APIC), les importations massives en provenance de certains pays mettent en danger les 20 000 emplois directs et indirects générés par le secteur.  Par filière, le plus gros employeur est l’activité carreaux, avec, en 2003, plus de 80% des salariés du secteur et une production de 30 millions de mètres carrés, soit autant que la consommation marocaine (33 millions de mètres carrés.
Les 21 unités que compte la filière, disposent d’une capacité installée de 40 millions de mètres carrés.  Cette branche génère aussi plus des 2/3 des revenus du secteur et  plus de 90% des investissements du secteur.
Dans la céramique , les leaders ont pour nom Super Ceram, filiale d’Ynna Holding, Union Cerame, Facemag, Cocema, Grocer, Faceram, Ceramica Ouadras, et Gros Ceram. La plupart de ces grandes entreprises ont participé à l’enquête réalisée par le ministère du Commerce extérieur.
Les opérateurs font face à une augmentation massive des importations, de l’ordre de 120% entre 2002 et 2004. Ce qui est suffisant selon les producteurs pour que l’Etat active les dispositions de la loi 13-89 promulguée par le dahir n° 1-91-201 du 9 novembre 1992. Ce texte stipule que lorsque les importations causent un préjudice à l’industrie nationale, l’Etat a le droit de mettre en place des mesures de sauvegarde.
Faisant également partie du secteur, l’activité sanitaire, forte de quatre grandes unités, produit 2,5 millions de pièces par an, dont plus de 70% de ces dernières sont exportées vers l’Europe. 
Sur le plan règlementaire, depuis novembre 2004, l’industrie de la céramique est soumise aux normes marocaines.
Il s’agit de trois normes d’application obligatoires qui concernent la fabrication de carreaux et de dalles en céramique et les articles sanitaires ainsi que la préparation d’aliments par cuisson. Ces normes, devenues obligatoires depuis le 19 novembre 2004 (arrêté n° 426-04 du 16.04.2004 publié au Bulletin Officiel n° 5240 du 19 août 2004), aussi bien pour les industriels marocains que pour les importateurs, sont-elles respectées ?
Au delà des problèmes liés à l’importation, le secteur est confronté aussi à un coût de l’énergie, quatre fois plus cher au Maroc.
C’est ce que révèle l’étude de benchmarking  présentée en 2004 par des experts de l’Union européenne et présentée, concernant l’industrie céramique marocaine et celles des pays du pourtour méditerranéen. D’après ce rapport, le Maroc est l’un des rares pays à tourner encore le dos au gaz naturel. D’où des surcoûts 40 fois plus chers qu’en Egypte.

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