Ces militaires arabes qui font leur loi

À quoi sert l’armée dans le monde arabe? Cette institution que les politologues désignent comme la grande muette de l’édifice institutionnel de tout Etat a souvent fait parler d’elle dans nos contrées. Théoriquement, les Etats disposent de forces armées pour défendre leurs territoires. Ce schéma semble s’inverser dans plusieurs pays arabes où ce sont les armées qui disposent de l’Etat. Durant les années 50 et 60, plusieurs pays arabes, notamment du Moyen orient, furent secoués par une succession de coups d’Etat militaires. Au nom de la révolution, du nationalisme et de la fierté arabe piétinée par «l’ennemi» Israélien, ces pays ont enregistré des records en matière de putsch militaires. S’en est suivi des systèmes où règne le culte de la personnalité des zaims qui dirigèrent leur pays d’une main de fer, réprimant toutes expressions et interdisant toute les institution. Sadam Hussein, avant sa triste sortie du son maudit trou, incarnait en la matière un exemple édifiant. Historiquement, la révolution égyptienne de 1958 constitue un évènement phare dans la longue marche du cataclysme militaire arabe. Cette révolution a porté au pouvoir des militaires dirigés par Gamal Abdel Nasser, symbole controversé du nationalisme arabe. Entre 1932 et 1971, l’Irak fut le théâtre de plus de vingt coups d’Etat ou tentatives de coups d’Etat militaires fomentés par les différents courants politiques au sein de l’armée. En l’absence d’élections, le coup d’Etat militaire était perçu comme le seul moyen d’assurer une alternance politique dans ce pays. En Syrie, la période de l’après-guerre est marquée par une grande instabilité politique. Trois coups d’État militaires se sont succédés de 1949 à 1954. Les allers-retours des militaires syriens de et vers leurs casernes étaient fréquents. 1950 : une constitution ouvre la voie vers un système parlementaire. Pas pour longtemps : des tendances pro-irakiennes et pro-égyptiennes s’affrontent, et le parti Baas, socialiste arabe, étend son influence. 1958 : l’union syro-égyptienne aboutit à la création de la République arabe unie (RAU). Mirage. En 1961, un coup d’État fomenté par des officiers, avec l’appui de la bourgeoisie conservatrice, y met un terme. 1963 : le parti Baas accède au pouvoir et élimine la tendance pronassérienne. Débute dès lors les tentatives de rapprochement avec l’Irak. Mais, les luttes et rivalités internes sont très vives à l’intérieur du parti. 1970 : le général Hafez Al-Assad, appuyé par l’armée, prend en main la destinée de la Syrie. En Libye dans les années 1960 : avec la découverte du pétrole et le conflit israélo-arabe, la tension anti-occidentale se fait très vive. 1969, un coup d’État militaire, dirigé par le colonel Kadhafi , dépose le roi Idris. La Libye mène depuis une politique étrangère ambiguë. Pendant plusieurs années, Kadhafi a tenté d’exporter sa révolution et par là même de déstabiliser plusieurs de ses voisins africains et arabes. Sans grand succès.

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