Ces urnes qui mènent au Parlement

Contrairement aux élections précédentes, celles d’aujourd’hui seront, à n’en pas douter, gravées dans la mémoire du peuple marocain en tant que premières échéances consultatives durant le règne de SM Mohammed VI. Toutes les dispositions sont donc prises pour rendre cette date une véritable journée de fête pour les démocrates marocains et de vérité pour les forces politiques du pays.
Ce soir, vendredi 27 septembre 2002, à 19 heures, les bureaux de vote seront fermés pour laisser le temps de procéder au dépouillement des urnes. Une fois cette opération terminée, chaque président de bureau de vote se doit de déclarer le verdict des urnes et les inscrit sur un PV dans trois exemplaires. Le premier PV est conservé dans la commune concernée, le second est remis au tribunal de première instance se situant dans le territoire de la circonscription concernée ; alors que le troisième est remis par le président du bureau central au bureau du premier khalifat, ou l’un des bureaux du gouverneur, du pacha, du caïd ou du khalifat concerné. Ce dernier transmet ces données à la commission du dépouillement relevant de la province ou de la préfecture ; laquelle se compose du président du tribunal de première instance ou d’un juge le remplaçant (président), de deux personnes sachant lire et écrire désignées par le gouverneur et d’un représentant du gouverneur en tant que rapporteur.
Cette commission procède au dépouillement de l’ensemble des voix et annonce les résultats.
Toutes ces opérations doivent se faire normalement dans la soirée de ce vendredi. Car demain matin, soit samedi 28 septembre, les résultats sur le plan national seront annoncés au cours d’une conférence de presse du ministre de l’Intérieur.
Bien entendu, tout cela fait partie d’une première tranche qui mène au gouvernement, via la Chambre des représentants.
Selon l’article 40 de la constitution, «le Roi préside l’ouverture de la première session qui commence le deuxième vendredi d’octobre».
Conformément aux dispositions de l’Article 37 de la constitution, le président de la Chambre des représentants «est élu d’abord en début de législature puis à la session d’avril de la troisième année de cette dernière et pour la période restant à courir de celle-ci. Les membres du bureau sont élus à la représentation proportionnelle des groupes pour une durée d’une année».
Après l’élection du président de la Chambre des représentants, «le Roi nomme le Premier ministre. Et, sur proposition de ce dernier, «Il nomme les autres membres du gouvernement». (Art. 24) Les consultations menant à la constitution du gouvernement prennent au plus quarante jours, si l’on se réfère à la dernière expérience à cet effet.
Ensuite, le «Premier ministre se présente devant chacune des deux Chambres et expose le programme qu’il compte appliquer. Ce programme doit dégager les lignes directrices de l’action que le gouvernement se propose de mener dans les divers secteurs de l’activité nationale et, notamment dans les domaines intéressant la politique économique, sociale, culturelle et extérieure. Ce programme fait l’objet d’un débat devant chacune des deux Chambres. A la Chambre des représentants, il est suivi d’un vote ». (Art. 60).
Bien entendu, ce processus est le fruit d’une longue lutte pour la modernité et la démocratie, une lutte qui a été couronnée par la réconciliation et l’entente nationale, historique et irréversible entre feu SM Hassan II et les forces les forces de l’opposition d’antan. Une entente qui a commencé par apporter ses fruits depuis l’adoption de la Constitution du 23 avril 1996 et abouti, pour la première fois depuis le début des années soixante, à la nomination, le 4 février 1998, d’un Premier ministre issu de la majorité parlementaire et la nomination d’un gouvernement politique le 14 mars 1998.

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