Ceux qui s’en sortent

Ceux qui s’en sortent

Taoufiq Hjira : Le fonceur
Le ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de l’Habitat et de l’Urbanisme, Taoufiq Hjira (istiqlal), est incontestablement l’un des membres du gouvernement qui réussissent le mieux. Malgré son jeune âge, Hjira a réussi à s’imposer sur des terrains on ne peut plus politiques et polémiques, comme la lutte contre l’habitat insalubre, dont sont responsables les élus, les autorités publiques et dans une certaine mesure l’Etat. Hjira, un homme issu du ministère, a eu l’avantage de passer directement au vif du sujet. Un véritable technocrate-politique.

Saïd Oulbacha : Former les formateurs
Saïd Oulbacha avait hérité d’un département en pleine refonte et qui voulait des résultats immédiats. Le secrétaire d’Etat chargé à la Formation professionnelle, engagé avec l’OFPPT sur le programme de 400 000 lauréats d’ici 2007, le ministre a insufflé aussi une nouvelle stratégie régionale ainsi que de nouveaux axes basées sur le partenariat avec les milieux professionnels. L’orientation vers des métiers porteurs d’emplois a redonné du sens à la politique de formation professionnelle.
Organe d’éxécution des décisions du ministère chargé de la Formation professionnelle, l’OFPPTa mis en place une commission technique pour déterminer avec les autorités et les élus locaux, les besoins spécifiques de chaque région du Royaume.

Mohamed Bouzoubaâ : L’homme des défis
Le ministre de la Justice, Mohamed Bouzoubaâ (USFP), a certainement occupé l’un des postes les plus sensibles du gouvernement. Qu’il s’agisse des droits de l’homme, de la promotion de l’investissement ou de l’instauration d’une paix sociale, la réforme de la Justice est un préalable fondamental. Bouzoubaâ a dû traiter le dossier du terrorisme. Il s’en est sorti quasi indemne. Pour ce qui est de l’assainissement interne, les bras de fer entre le ministre et certains magistrats, heureusement minoritaires, s’est fait sentir à plusieurs reprises. Mais Bouzoubaâ ne baisse jamais les bras.

Abdelkabir Zahoud : Une action pointue
Le secrétaire d’Etat chargé de l’Eau est un homme peu médiatisé. En fait, à l’image du secteur dont il a la charge, Zahoud (Istiqlal) a opté pour agir de manière technique et pointue. « Inutile de faire des vagues, quand on trempe dans l’eau », pourrait être la devise de Abdelkabir Zahoud.
En héritant de la gigantesque direction générale de l’Hydraulique, le département de Zahoud est étroitement lié à bon nombre d’autres ministères: Equipement, Agriculture, Environnement, Intérieur…. Une situation qui nécessite un bon dosage entre diplomatie et intransigeance.

Adil Douiri : L’entregent
Adil Douiri avait déclaré qu’il était le plus malheureux des ministres du Tourisme, sa nomination ayant coïncidé avec une crise majeure au niveau mondial et qui a commencé aux lendemains du 11 septembre. Pourtant par le nombre des chantiers engagés Douiri fait partie des plus prolifiques avec des projets essentiels comme le plan Azur, le tourisme national, le tourisme rural, l’accompagnement de la libéralisation de l’aérien, en partenariat avec le ministère des Transports, et le projet global de Maroc 2010 dont il est, de par ses fonctions, le chef d’orchestre. Bien que périodiquement critiqué par la profession qui lui reproche sa vision, trop «marketing» pour plaire à la vieille garde, Douiri n’en est pas moins l’un des ministres qui s’est le plus concerté avec les professionnels.

Mohamed El Gahs : Agir ici et maintenant
Pour une fois, l’homme qui se trouve à la tête du secteur de la Jeunesse ne recule devant rien pour activer la machine. L’opération des colonies de vacances qui a connu un grand succès l’été dernier est encore sur toutes les lèvres sans parler des « temps de la lecture » qui a ressuscité l’intérêt des jeunes et des moins jeunes à la lecture. Si le mérite de ces activités devrait revenir à quelqu’un, c’est bien à Mohamed El Gahs, le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse, chargé de la Jeunesse. Avec les moyens du bord, M. El Gahs ne lésine pas sur le travail et fait montre d’une grande motivation.

Ahmed Taoufiq : Le sens de la mesure
Le ministre des Habous et des Affaires islamiques a introduit l’ouverture et l’intelligence dans son ministère. Longtemps professeur d’Histoire à l’université de Rabat, où il a dirigé l’Institut d’Études africaines, cet ancien directeur de la Bibliothèque nationale du Maroc est également un puissant romancier. Il a écrit des livres parcourus par le souffle de l’Histoire. Ahmed Toufiq réforme doucement un établissement qui avait laissé fleurir les prêches extrémistes dans les mosquées. Ce ministre donne l’image d’un islam modéré, éclairé et curieux des autres cultures.

Mustapha Mansouri : Le sens du compromis
Mustapha Mansouri, 48 ans, donne l’impression d’être un homme nonchalant. Mais ce n’est qu’une impression. Le ministre RNI de l’Emploi et de la Solidarité sociale a acquis au sein du gouvernement la réputation d’un responsable efficace qui maîtrise ses dossiers. La réussite-phare du cabinet Jettou, à savoir le code du travail, c’est en grande partie grâce à sens du compromis et de l’écoute qu’elle a été possible après des années de ratage. Très apprécié aussi bien dans son parti que par les autres composantes de la vie politique, Mustapha Mansouri a le succès modeste. Ce n’est pas le genre à se vanter. Le sourire qui éclaire constamment le visage sympathique de ce natif de Nador fait partie des attributs de sa personnalité.

Taïeb Fassi Fihri : Une action tonique
Taïeb Fassi Fihri, ministre délégué aux Affaires étrangères et à la Coopération, s’est imposé comme l’un des principaux acteurs du gouvernement. Tout le monde se souvient de son allure digne à l’occasion de la crise de l’îlot Leïla. Il est le responsable et unique interlocuteur des autorités américaines dans l’accord de libre-échange, conclu le 2 mars, entre le Maroc et les Etats-Unis. Ce ministre, aux qualités certaines, ne cesse d’étonner par sa persévérance dans le travail. Il ne faut pas s’étonner de le voir occuper d’autres postes importants.

Karim Ghellab : Un train d’enfer
Il est le benjamin de l’équipe gouvernementale, mais n’en demeure pas moins l’une de ses locomotives. Karim Ghallab, ministre de l’Equipement et des Transports est un jeune technocrate qui s’est trouvé, peut-être à son corps défendant, dans une coalition gouvernementale forcément politique. À la tête de deux super ministères, l’Equipement et les Transports, il a la lourde tâche de concevoir et de réaliser les grands chantiers d’infrastructures du Maroc, un défi auquel il s’est attaqué et qu’il pourrait bien relever…si le temps politique le permet. Pour celui qui était un haut fonctionnaire, devenu un politique dans son parti l’Istiqlal, la compétence technique, seule, est insuffisante. C’est la variable politique qui donne vraiment une capacité d’action dans une société démocratique. Il estime qu’elle permet de générer l’adhésion. Les deux composantes technocrate et politique trouvent en la personne de Karim Ghallab toutes leur signification. Sans trop s’avancer, c’est le modèle type de l’homme politique de demain.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *