Chakib Bensouda : «La nouvelle génération manque d’opportunités de pratique politique»

Chakib Bensouda : «La nouvelle génération manque d’opportunités de pratique politique»

ALM : Est-ce qu’on peut  faire confiance aux  jeunes pour gérer les affaires du pays ?
Chakib Bensouda : Certainement. Nous pouvons faire confiance à la génération des jeunes d’aujourd’hui pour guider le pays. Je suis certain que les jeunes sont très patriotiques et responsables. Ils ont des compétences et des qualifications certaines. Ils ont une volonté. Mais de l’autre côté, ils sont exigeants et complètements adaptés à leur époque. Ce que les partis politiques marocains ne le sont malheureusement pas.

Et pourtant, la jeunesse marocaine ne s’intéresse pas assez à la chose politique ?
Après l’adoption de la nouvelle Constitution, la question qui se pose fondamentalement relève de la réforme des partis politiques. D’après mon expérience personnelle, dans leurs formes actuelles et dans leur mode de fonctionnement, les partis ne correspondent en aucune manière aux attentes et aux aspirations des jeunes. Les partis politiques sont sclérosés et ne sont pas attrayants pour les jeunes. Au contraire, ils sont repoussants et rébarbatifs, obnubilés seulement et uniquement par les résultats électoraux, alors que les jeunes expriment des aspirations beaucoup plus globales.

Que manque-t-il à la nouvelle génération des jeunes pour avoir des postes de responsabilité ?
La nouvelle génération des jeunes Marocains d’aujourd’hui manque d’une vraie formation politique et d’opportunités de pratique politique. Il revient aux partis politiques de se réconcilier avec leurs missions fondamentales. Il leur revient de redevenir des centres de formation sur les choses de la vie publique, des centres d’éclosion des compétences et des tremplins pour l’exercice des responsabilités. De ce point de vue, la réforme des partis engagée en 2006 a été un échec patent et l’incapacité de la sphère politique à s’approprier les jeunes du Mouvement du 20 février en a été le révélateur éclatant.

Le pays traverse une nouvelle étape avec une nouvelle Constitution. À votre avis, comment les jeunes du Mouvement du 20 février doivent-ils saisir cette occasion ?
Personnellement, je dois avouer que l’attitude des jeunes du Mouvement du 20 février suscite plusieurs interrogations. Autant les jeunes du mouvement, par la spontanéité de leur réaction et l’ardeur de leur mouvement, ont mis du baume dans le cœur des Marocains concernant sa jeunesse, autant certaines de leurs prises de positions, à caractère nihiliste et jusqu’au-boutiste, ont détourné les Marocains par rapport à ces jeunes du 20 février. Parce que ces valeurs de nihilisme et de jusqu’au-boutisme ne correspondent pas à la personnalité marocaine. De toutes les manières, les jeunes ont toute leur place dans la nouvelle dynamique politique. Ils doivent être à l’avant-garde. Leurs nouvelles missions, c’est d’aborder les partis politiques pour se les approprier.

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