Chakib Bensouda : «L’Algérie dissimule des ambitions nucléaires militaires»

ALM : Quelle analyse faites-vous du rapprochement entre l’Algérie et l’Iran?
Chakib Bensouda : Il faut dire que ce rapprochement est normal. Le Maroc a rompu, il y a un certain temps, ses relations diplomatiques avec l’Iran. Ainsi, l’ennemi de mon ennemi est mon ami, dit-on. Toutefois, derrière cette affaire, il y a certaines questions qui méritent d’être posées. Le fait que l’Algérie renforce ses liens avec Téhéran à l’heure où l’Iran est pointé du doigt par la communauté internationale en raison de ses ambitions nucléaires militaires, ceci montre qu’Alger commence à patauger diplomatiquement. L’autre signification de cette affaire, c’est que l’Algérie commence à accélérer sa stratégie étant animée par trois principales ambitions. Il s’agit d’affaiblir à tout prix le Maroc, de s’armer et d’agir sur le volet diplomatique.
 
Ne pensez-vous pas que le rapprochement entre l’Iran et l’Algérie dissimule des ambitions nucléaires militaires d’Alger?
Ceci est une évidence. Certes, l’Iran n’ira pas jusqu’à transférer sa technologie militaire à l’Algérie. Mais ceci n’empêche pas que l’Algérie dissimule des ambitions nucléaires militaires. Prétendant au statut de première puissance régionale dans le Maghreb, la possession d’une arme nucléaire serait une bonne nouvelle pour le régime militaire algérien. Mais, entre les ambitions et la concrétisation, il y a tout un monde. L’Algérie n’a pas aujourd’hui les moyens pour parvenir à son objectif. En plus, à l’heure où la lutte contre l’armement nucléaire est de plus en plus sous les feus de la rampe, je ne vois pas comment la communauté internationale permettrait à Alger de réaliser ses ambitions militaires.
 
Que doit faire le Maroc face à cette situation?
Tout d’abord, je pense que la région du Maghreb s’achemine potentiellement vers l’éclatement d’une guerre face à l’armement excessif d’Alger. La guerre devient une éventualité réaliste. Ceci est une évidence, car pour l’Algérie il s’agit d’une affaire de régime militaire alors que pour le Maroc le dossier du Sahara est une affaire de 30 millions citoyens marocains. Ainsi, la réponse du Maroc ne pourra se faire que dans le cadre de l’unanimité des Marocains autour de leur cause nationale sacrée.

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