Cheikh Zemzmi demande une Fetwa

Aujourd’hui Le Maroc : Pourquoi, M. Zemzmi, les députés du PJD ont refusé catégoriquement l’article 16 du projet de loi sur l’état civil, adopté malgré eux par la chambre des députés ?
Zemzmi : d’abord, il faut souligner que les enfants qui ont ce problème d’identité civile relèvent de deux catégories. La première, des enfants légitimes mais qui ont été rejetés par leurs parents. Ces enfants là doivent légalement être identifiés à leur père. Encore faut-il qu’il soit connu.
La deuxième catégorie, celle des enfants illégitimes, ceux qui sont nés d’une relation extraconjugale. Ces enfants-là ne doivent pas prendre le patronyme de leur père adoptif ou de leur famille adoptive. C’est contraire à la religion.
Comment pouvez-vous le justifier ?
Il y a le texte du Coran qui est au dessus de tout. La progéniture doit être identifiée à son géniteur. Ensuite, dans la famille du prophète, Sidna Mohamed, il y avait un enfant adoptif, prénommé Zayed, à qui on a donné le nom de la famille et il était connu sous ce nom Zayed Ibn Mohammed.
Avec l’avènement de l’Islam qui interdit le mélange des progénitures, qui veille sur le respect des filiations, Zayed a retrouvé son vrai nom de famille, Ibn Haritha.
Ensuite, il faut savoir que donner son nom à un enfant qui n’est pas sien est un faux et un usage de faux. C’est clair et net.
Cela risque aussi de créer des problèmes au niveau de l’héritage puisque du point de vue de la loi, l’enfant aura les mêmes droits que ses frères d’adoption.
Même si sur le registre original de l’état civil, il est inscrit sous la mention «père inconnu».
Même avec cette précaution, puisqu’il aura des certificats d’acte de naissance et une carte d’identité avec son nom de famille, entre autres documents administratifs qui ont valeur de preuves juridiques…
Et que comptez-vous faire, puisque cette loi est non conforme à la religion, comme vous le soutenez ?
Il y a bien des instances de recours dans ce pays. On va requérir une fetwa du conseil supérieur des oulémas, l’autorité religieuse habilitée en la matière et présidée par le Souverain. Sa fetwa a une valeur légale indiscutable et a la primauté sur les textes positivistes. Le parlement devra s’y conformer et amender son texte par la force de la loi…

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