Cherkaoui remet les pendules à l’heure

Le ministre de l’Intérieur réagit à la polémique provoquée autour de la décision de la démission de Mustapha Ramid. Taib Cherkaoui a expliqué, mardi 29 mardi, dans une réponse écrite au chef sortant du groupe parlementaire du Parti de la justice et du développement (PJD) à la Chambre des représentants, les raisons de ce que le député islamiste qualifie d’«interdiction» de la mission médicale organisée par une association dans la province de Sidi Bennour. Mustapha Ramid avait annoncé, lundi 28 juin, qu’il allait déposer sa démission du Parlement en protestation contre «l’interdiction par les autorités locales de Sidi Bennour d’une caravane médicale organisée par l’Association Assalam pour le développement social», dans son village natal Mrichat El Mers. «Dans le cadre des préparatifs pour une mission médicale organisée par une association des œuvres caritatives, j’avais contacté le gouverneur de la province de Sidi Bennour et nous avons tout arrangé. Peu de temps après, nous avons été surpris par la décision de l’interdiction de cette opération», avait expliqué Mustapha Ramid, dans une déclaration à ALM. Or, il s’avère que cette version est tout à fait contraire à la réalité, selon le ministère de l’Intérieur. «Les autorités administratives locales n’ont reçu aucune demande écrite formulée à ce sujet, sachant que des activités de ce genre nécessitent la garantie des conditions sécuritaires nécessaires», réplique M. Cherkaoui. Le ministre de l’Intérieur précise que «le directeur de l’hôpital local de la ville de Sidi Bennour a insisté sur la nécessité de contacter le délégué provincial du ministère de la Santé d’El Jadida afin d’avoir l’autorisation officielle, mais l’association n’a pas procédé de la sorte, malgré le fait que la nature de cette activité demande un encadrement médical adéquat de la part des autorités médicales». «Vu le non-respect des procédures en vigueur par l’Association organisatrice de l’opération médicale, et dans le cadre de la préservation de la santé et de la sécurité des citoyens, cette activité ne pouvait être organisée», ajoute le ministre de l’Intérieur. Mustapha Ramid avait dit, par ailleurs, que «l’interdiction de la caravane médicale à Sidi Bennour n’est que la goutte qui a fait déborder le vase». Cette affaire s’inscrit, selon le député islamiste, dans le cadre général de «l’embargo imposé sur lui». «En tant que président du PJD, je subis également des pressions politiques qui me gênent dans mon travail de député. J’ai contacté plusieurs personnes pour que ces pressions soient allégées, en vain», avait souligné Ramid. Chose que le département de l’Intérieur réfute catégoriquement rappelant que «l’Association en question avait organisé à plusieurs reprises diverses activités à douar Krichat sans être interdites à aucun moment». M. Ramid avait affirmé, lundi, qu’il comptait présenter officiellement sa démission, mercredi 30 juin, en marge de la séance plénière de la Chambre basse du Parlement. Les éclaircissements apportés par le ministre de l’Intérieur interviennent peu de temps après un communiqué du secrétariat général du PJD ayant déclaré le rejet par le la parti islamiste de la démission de Ramid. Suite aux précisions apportées, officiellement et sans ambiguïté par le ministère de l’Intérieur, la balle est dans le camp de Mustapha Ramid. Tiendra-t-il sa promesse de démissionner même si la raison invoquée par lui s’est avérée non fondée ?

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