Chronique d’une tempête dévastatrice

La Côte-d’Ivoire se voulait, des années durant, comme un modèle de prospérité et d’ouverture. Premier producteur mondial de cacao, le pays allait devenir un pôle d’attraction régional et fut investi de 4 millions d’étrangers, sur une population de 15 millions, faisant ainsi de la Côte-d’Ivoire une véritable locomotive de développement de l’Afrique de l’Ouest.
À partir des années 90, tout allait basculer et la Côte-d’Ivoire vint subitement renforcer les rangs des pays chroniquement instables. La déconfiture de tout un système qui semblait, jusque-là, bien rodé, allait s’étaler sur une dizaine d’années. La disparition de Félix Houphouët-Boigny, en 1993, allait entraîner le pays dans une chute vertigineuse, sur tous les plans. Chute des cours du cacao et démantèlement de la filière, dévaluation du franc CFA, succession ratée du « Vieux », éclatement de l’armée, déstabilisation de la classe politique, installation de l’insécurité, chasse à l’étranger et guerre civile : la Côte-d’Ivoire semble avoir hérité de tous les maux de la terre. Frappé de plein fouet, le pays allait sombrer dans l’incertitude. Le président de l’Assemblée nationale, Henri Konan Bédié, succède à Félix Houphouët-Boigny et prend alors les rênes de la Côte-d’Ivoire. Bédié achève le mandat en cours, conformément à la Constitution, en dépit de l’affaiblissement de sa position car ne tenant pas son pouvoir d’une élection. Le 12 janvier 1994, le franc CFA est dévalué à hauteur de 50%. Cette mesure aura comme accompagnement une baisse des taxes douanières à l’entrée pour essayer de limiter l’inflation.
Près d’une année plus tard, Bédié est élu président de la République de Côte-d’Ivoire, le 22 octobre 1995 avec 95 % des suffrages exprimés. En décembre 1999, le général Robert Gueï s’empara du pouvoir, alors que la Côte-d’Ivoire était à la dérive : les caisses du pays étaient vides et la pression des institutions financières internationales se faisait de plus en plus étouffante. Ce premier putsch n’allait être le dernier. En effet, en l’espace de deux ans et demi seulement, la Côte-d’Ivoire allait connaître six tentatives consécutives de putschs, dont l’un, en septembre 2002, coûtera la vie au général Gueï. La Côte-d’Ivoire accusera les pays voisins, notamment le Burkina Faso, d’être à l’origine des coups de forces dont le pays fait l’objet. Le premier tour des élections présidentielles, qui devait mettre un terme à la transition militaire, eût lieu en octobre 2000.
Qualifié d’opposant historique, Laurent Gbagbo se proclame vainqueur de ces élections. C’était sans compter sur la détermination du général Gueï de se maintenir au pouvoir. Celui-ci mit en branle un autre coup d’État, mais dû se résigner à prendre fuite, suites aux manifestations hostiles à son égard. Il refera surface une fois les violences électorales apaisées.
Laurent Gbagbo prend les commandes de la République, ses partisans, Chrétiens, entament alors une véritable «chasse aux musulman», partisans de l’ancien Premier ministre Al-Hassan Ouattara, dont la candidature a été invalidée par la Cour suprême.
Depuis, le concept de «L’Ivoirité» remonte à la surface, les étrangers furent montrés du doigt et l’instabilité est désormais omniprésente dans le pays, qui ne retrouvera plus sa sérénité d’antan.

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