Chronologie d’une tempête annoncée

Plus d’un mois après la publication par ALM d’une interview accordée par l’ex-président du Mouvement Unicité et Réforme, Ahmed Raïssouni, les échos de cet entretien résonnent toujours. Le 12 mai dernier, Raïssouni s’exprimait dans les colonnes d’ALM sur le concept d’Imarat Al-Mouminine, entre autres, volets abordés lors de cet entretien.  
Il avait donc livré sa propre vision de l’institution du Commandeur des Croyants, soulignant avoir une conception très simple de cette notion. « Je pense que nous ne sommes pas tenus d’être attachés à une manière traditionnelle de concevoir cette institution.
Ainsi, j’estime que Amir Al-Mouminine peut être un roi, un président de la république ou même un Premier ministre. La seule condition est qu’il dirige le pays conformément aux principes de l’Islam», avait indiqué Ahmed Raïssouni, indiquant que «l’actuel Roi, vu sa formation, ne peut pas assumer la prérogative de la Fatwa qui revient essentiellement à Amir Al-Mouminine.
Il devrait donc la reléguer. D’autant plus que le besoin se fait sentir, car actuellement nous n’avons pas de Moufti au Maroc, ce qui est grave. Il faut donc remplir ce vide».
À l’issue de ces propos, Ahmed Raïssouni s’attirera la foudre de certains dirigeants du PJD, dont le secrétaire général Abdelkrim El Khatib. Aussitôt, l’organe d’expression du PJD, Attjdid, publiera dans son édition du 14 mai la traduction de l’interview en question.
Trois jours après la publication de l’entretien par ALM, Ahmed Raïssouni se livrera à des explications à travers un communiqué, où il fait état de la dénaturation du sens de ses propos. «Comme l’entretien a souffert d’amputations importantes et de contractions sélectives, je me trouve dans l’obligation d’apporter des précisions», souligne le communiqué signé Raïssouni.
Le communiqué en question sera consacré à la contestation de certains propos en les détaillant davantage, imputant cela, dans un premier temps, aux problèmes suscités par la traduction de l’arabe vers le français. Dans un second temps, il indique que «ce problème se multiplie davantage quand on résume l’entretien en fonction de ce que comprend, voire de ce que souhaite le traducteur», une allusion mettant clairement en doute la fidélité de la traduction. Par là-même, elle met en doute notre fidélité à la déontologie du métier.
Or, ALM dispose de l’enregistrement de l’interview. Preuve irréfutable de la véracité des propos parus dans les colonnes de son édition n°382.
Le 16 mai, le MUR passe à l’offensive à travers un autre communiqué, mettant en cause l’interview et profite de l’occasion pour officiellement reformuler sa position sur la question centrale du rôle majeur de l’institution d’Amir Al-Mouminine.
Un mois, jour pour jour, après la publication de l’interview, Ahmed Raïssouni démissionne et le MUR publie un communiqué à la «une» d’Attajdid indiquant que «Certains passages de l’entretien ont fait l’objet, de façon non délibérée, de plusieurs interprétations de la part du journaliste, notamment ceux relatifs à l’institution d’Amir Al-Mouminine, que nous considérons tout comme M. Raissouni, comme l’un des fondements constants de l’Etat marocain et de son identité à laquelle nous sommes attachés». Fin de citation.

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