Cité de l’air : mission impossible

La Cité de l’air et toute la zone jouxtant l’aéroport d’Anfa font l’objet d’une réelle convoitise depuis plusieurs années.
A noter que cette vaste zone a une superficie de 380 hectares. 100 hectares appartenant à l’Office national des aéroports (ONDA) et 280 hectares à l’armée marocaine.
En effet, au cours des années 1990, un projet a été initié par un promoteur privé marocain pour la construction d’un gigantesque complexe résidentiel, sur les 100 hectares appartenant à l’ONDA et qui comprennent, rappelons-le, en plus de l’aéroport, toutes les habitations de la Cité de l’air. Toutefois, ce grand projet, baptisé "Laïmoune", était quasiment condamné dès le départ. Car si l’évacuation de l’aéroport d’Anfa semblait pratiquement acquise, le délogement des habitants de la Cité de l’air s’est avéré une mission quasi-impossible.
Au cours de cette même période, c’est-à-dire dans les années 1990, l’ONDA a pris les devants en mettant au point un programme financièrement assez bien ficelé. Il s’agissait de lancer un grand projet immobilier, sur les mêmes 100 hectares. L’Office, dirigé à l’époque par Ahmed El Biaz, avait tellement bien ficelé son projet qu’il avait même prévu le relogement des habitants de la Cité de l’air. Mais là encore, le projet a échoué, peut-être à cause de la multiplicité des intervenants.
Ce n’est qu’au début de l’année 2005 que l’ONDA a tenté une nouvelle opération. Il s’agissait de transformer l’aéroport de Casa- Anfa, dédié actuellement à l’aviation légère, en un aéroport d’affaires, le premier du genre au Maroc, baptisé d’ailleurs "Casablanca Business Airport".  Jouissant d’une situation stratégique au coeur de la capitale économique et offrant des prestations et des services égalant en qualité ceux des aéroports internationaux, Casa-Anfa devrait être, une fois les travaux réalisés, en mesure de répondre à toutes les attentes et exigences légitimes de la communauté d’affaires nationale et internationale. Résultat : nouvel échec. Le dernier projet en date a été initié par la wilaya du Grand Casablanca. Celle-ci projette la transformation totale du site (c’est-à-dire les 380 hectares) en un nouveau centre urbain. Des promoteurs du Qatar seraient même intéressés par ce projet. En fait, la wilaya du Grand Casablanca entend initier un projet intégré. Pour l’aéroport d’affaires, l’ONDA étudie trois scénarios possibles.
Le plus probable porte sur le transfert de l’aviation légère à l’aéroport international Mohammed V avec une aile spécifique ainsi qu’une nouvelle piste à aménager. Le second scénario prévoit un déménagement de l’activité affaires à Tit Méllil, mais des contraintes géographiques rendent peu probable ce scénario. Enfin, le troisième scénario prévoit le transfert de l’activité à Benslimane, mais là, il s’agit d’une ville autre que Casablanca. En tout cas, l’affaire est à suivre.

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