Classe moyenne : l’étude qui a soulevé un tollé

Classe moyenne : l’étude qui a soulevé un tollé

Très attendue par les analystes, économistes, chercheurs, citoyens et décideurs, l’enquête nationale du Haut Commissariat au Plan (HCP) sur les classes moyennes a soulevé un tollé. L’étude en question qui avait été rendue publique le 6 mai 2009 a fait couler beaucoup d’encre. Le haut commissaire au Plan, Ahmed Lahlimi a dû faire face à de nombreuses remarques, critiques, observations, interrogations de la part des médias, chercheurs, analystes, décideurs économiques.
Les résultats ont suscité beaucoup de commentaires et ont choqué plus d’un. Normale, quand on apprend que 53% de la population soit 16,3 millions de Marocains appartiennent à cette classe sociale. Pour beaucoup d’analystes, cette proportion est largement surestimée et ne reflète pas la réalité. «La classe moyenne est loin d’être majoritaire dans notre pays. Elle représenterait 30% des Marocains», avait affirmé à ALM l’économiste Driss Benali. Les 47% restants se partagent entre la classe modeste (34%) et la classe aisée (13%). Avec de telles statistiques, l’on pourrait croire que le Maroc a une structure sociale comparable à celle des pays développés. Ce qui est encore loin d’être le cas. Le haut commissaire au plan avait expliqué cette situation par le fait que «le Maroc est un pays pauvre. Moins il y a de pauvres et plus la classe moyenne augmente. Il faut noter que 1,7 million de Marocains sont sortis de la pauvreté et 1,3 million de la vulnérabilité. La baisse de la pauvreté a alimenté la classe moyenne». Mais ce qui attire l’attention, ce sont les revenus de cette catégorie qui sont situés entre 2.800 DH (borne inférieure) et 6.736 DH (borne supérieure).La médiane étant de 3.500 DH alors que la moyenne est de 5.308 DH. Cette classe se constitue de trois catégories: la classe moyenne dite «supérieure», l’«intermédiaire» et la classe moyenne «inférieure». En terme de revenu moyen des classes moyennes par ménage et par mois, le haut commissaire au Plan avait indiqué que 28% constituent la catégorie supérieure avec un revenu dépassant la moyenne nationale (5.308 dirhams), 42% constituent la catégorie intermédiaire avec un revenu situé entre la médiane et la moyenne nationale alors que 30% représentent la catégorie inférieure avec un revenu inférieur à la médiane nationale (3.500 DH). Selon cette enquête, avec un revenu mensuel de 7.000 DH, on fait alors partie de la classe aisée. Ce qui paraît exagéré. Où commence la classe moyenne au Maroc ? La plupart des économistes s’accordent à dire que celle-ci commence avec un salaire de 15.000 DH par mois. «Si la classe moyenne avait un tel seuil, il n’aurait pas eu le discours royal, destiné à renforcer cette classe sociale. Les Marocains rêvent d’une belle classe moyenne avec un revenu mensuel de 15.000 DH. Mais étant dans un pays pauvre, la classe moyenne est également pauvre. C’est l’image de la réalité que reflète le miroir de l’analyse statistique. Si cette image ne plaît pas aux gens ce n’est sûrement pas la faute au miroir», avait déclaré M.Lahlimi sur les colonnes d’ALM. Autre élément à noter : 8,3% des Marocains des classes moyennes sont des chômeurs. Selon le type d’activité, 48% sont des actifs occupés, 43,7 % des inactifs (26 % des femmes au foyer, 8,9 % des étudiants, 2,3 % de retraités et rentiers et 6,2 % de personnes âgées et infirmes). Contrairement aux ménages aisés dont le taux de chômage est de 10,4 %, les classes moyennes connaissent un taux de chômage qui atteint les 14,6%. La classe moyenne a un revenu qui est destiné essentiellement aux dépenses de consommation.
Les deux tiers sont consacrés à l’alimentation et l’habitat. Autre particularité : les classes moyennes s’endettent à un rythme supérieur à celui des autres classes sociales. La proportion des ménages endettés parmi cette classe atteint 31% contre 27,3% des ménages modestes. Ils sont un tiers à avoir contracté un prêt auprès d’un établissement financier. Les crédits à la consommation arrivent en tête (60%), suivis par les crédits immobiliers (25%) et les crédits d’équipement (15%).

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