Claude Moniquet : «La mort de Ben Laden ne changera pas grand-chose pour Al Qaïda»

Claude Moniquet : «La mort de Ben Laden ne changera pas grand-chose pour Al Qaïda»


ALM : Le président Barack Obama a annoncé que les Etats-Unis ont tué le chef d’Al Qaïda Oussama Ben Laden. Quel sera l’impact du décès de Ben Laden sur l’avenir de l’organisation Al Qaïda?
Claude Moniquet : Il est difficile de répondre à cette question, mais l’on peut penser que Ben Laden n’avait plus, depuis longtemps, qu’un rôle symbolique, celui d’une icône du Djihad. Il n’avait plus depuis longtemps de rôle opérationnel. Je crois donc que sa mort ne changera pas grand-chose pour Al Qaïda et certainement rien du tout pour la mouvance qui l’entoure.

L’élimination du chef d’Al Qaïda va-t-elle freiner ou plutot accélérer les projets de cette organisation terroriste ?
Ni l’un ni l’autre. Il faut bien comprendre qu’Al Qaïda n’est pas une organisation structurée et hiérarchisée mais une mouvance, avec plusieurs centres de décisions différents et parfois rivaux. Le centre d’«Al Qaïda», c’est-à-dire Ben Laden et Al-Zawahiri et quelques autres donnaient des instructions générales et émettaient des fatwas, mais après cela, chaque organisation, comme AQMI ou l’AQAP, agissaient en fonction de leur propre agenda et de leurs capacités du moment. Et cela ne changera pas.

Comment les filiales régionales d’Al Qaïda vont-elles réagir à l’élimination de la tête pensante d’Al Qaïda?
Dans un premier temps, certainement par des attentats ou des tentatives d’attentat, ensuite elles prendront peut-être plus d’autonomie par rapport à Al Qaïda si ce n’est pas une figure forte et crédible qui prend la suite de Ben Laden. Le risque est très important. Partout dans le monde et d’abord, bien entendu, pour les intérêts américains. Les troupes américaines en Afghanistan et en Irak, les ambassades américaines dans le monde, les hommes d’affaires américains sont évidemment en position de risque. Mais au-delà des Américains, les Occidentaux sont eux aussi en danger et, bien entendu, les «régimes impies» comme Al Qaïda et les islamistes appellent les régimes arabes qui la combattent.

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