Comment Alger veut relancer la tension dans les provinces du Sud

Ce qui a été annoncé au départ comme «une réunion d’évaluation du quatrième round de négociations» s’est finalement révélé être un faux prétexte. Le but non déclaré de la réunion des dirigeants du Polisario, qui a eu lieu le 21 mars dernier à Rabouni, en présence d’un haut responsable des services algériens, a été bel et bien l’examen des moyens de mettre en œuvre une stratégie orchestrée par Alger pour fomenter des troubles dans les provinces sahariennes, conformément au plan préétabli auquel les autorités algériennes ont choisi comme concept «2008, année de l’Intifada sahraouie». A l’issue de la réunion en question, l’agence officielle du Polisario, pas plus d’ailleurs que son homologue algérienne,  n’ont rien annoncé de nouveau au sujet des négociations, si ce ne sont ces vieux nouveaux couplets sur «l’échec des négociations», se contentant de «jeter la pierre» du côté du Maroc, en le présentant comme «responsable» du «fiasco» supposé des pourparlers. L’essentiel était, à l’évidence, ailleurs. Lors de la réunion de Rabouni, Alger a affirmé, par la voix d’un haut responsable de ses services militaires, qu’elle était disposée à fournir l’aide nécessaire pour financer un plan destiné à monter l’escalade dans ce qu’elle appelle «les territoires occupés», en allusion au Sahara marocain. La direction du Polisario avait annoncé, à la veille du 4ème round, «n’exclure aucun moyen» en cas d’échec des pourparlers, qui se sont déroulés entre les 16 et 18 mars dernier. Alger a affirmé avoir débloqué «une importante enveloppe budgétaire» pour financer les activités des «frontistes de l’intérieur», qui se font ressentir de manière notoire ces derniers jours.
Après avoir effectué un voyage «copernicien» en Europe, de la Norvège à l’Espagne, en passant par la Suède, la flamboyante «héroïne de l’Intifada sahraouie», Aminatou Haidar, a donné le ton de ce qui s’annonce désormais comme «une nouvelle escalade» dans les provinces sahariennes. Depuis une quinzaine de jours, et après avoir écumé les tribunes droits-de-l’hommistes de l’autre côté de la frontière, la «pasionaria sahraouie» est rentrée, munie de son passeport marocain, pour rameuter les jeunes activistes pro-Polisario à Laâyoune. Elle s’est employée, ces deux dernières semaines, à prendre langue avec les familles des « détenus sahraouis » dans la tentative de les «  monter » contre les autorités locales. Pas plus tard que mercredi dernier, et juste après un « entretien » avec une famille sahraouie (Khnibila, pour ne pas la nommer), un jeune de la même famille est sorti furieux dans le quartier « Maâtallah », où il a pris à partie un véhicule de la Sûreté nationale. Selon des témoins présents sur place au moment de l’incident, le jeune déchaîné s’en est pris violemment contre le véhicule au point d’avoir cassé son pare-brise. Il a été arrêté par les forces de l’ordre. Cet incident intervient à peu près un mois après l’événement tragique qui a coûté la vie à Tan Tan au policier Abdelaziz Meski, qui a succombé à ses blessures après avoir été pris pour cible par une dizaine de jeunes activistes pro-Polisario. 


La question du Sahara évoquée par M. Walsum à Moscou


Lors d’une rencontre avec l’envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU pour le Sahara, Peter Van Walsum, mardi à Moscou, Le ministre russe des Affaires étrangères, M. Serguei Lavrov, a affirmé que la position de principe de son pays concernant le conflit du Sahara «consiste en l’adoption d’un règlement politique sur la base des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, mutuellement accepté par les parties concernées et approuvé par le conseil».
La partie russe a souligné que «le principe de l’acceptation mutuelle du modèle de règlement par les parties au conflit constitue l’une des garanties importantes pour une solution à long terme» à cette question, a ajouté le chef de la diplomatie russe, affirmant que Moscou est attachée à ce principe quant au règlement des autres conflits. Au cours de cette rencontre, un intérêt particulier a été accordé à la mise en oeuvre des résolutions du Conseil de sécurité 1754 et 1783 conformément auxquelles quatre rounds de négociations directes entre le Maroc et le Polisario se sont tenus à Manhasset aux Etats-Unis, sous l’égide des Nations unies.

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