Comment le MTD compte verrouiller les élections communales de 2009

Comment le MTD compte verrouiller les élections communales de 2009

Le développement du Maroc, sa modernisation et l’amélioration des conditions de vie des citoyens reposent, selon la vision du nouveau règne, sur deux axes fondamentaux : encourager l’investissement en lui préparant un terrain favorable et inciter le citoyen à participer au changement de ses propres conditions de vie en stimulant chez lui l’esprit d’initiative. Deux chantiers dont les travaux doivent avancer, impérativement, à la même vitesse.
Toutefois, si, sur le premier volet, l’action a pris rapidement sa vitesse de croisière, sur le second, les choses avancent certes, mais pas avec la vitesse nécessaire. Ce constat a été fait à l’occasion de l’évaluation de tout le travail réalisé dans le cadre de la politique de développement humain et qui a révélé que le plus grand obstacle devant l’optimisation de l’INDH demeure une véritable implication sincère, volontariste et honnête des structures de gestion locale. Le système de gestion communale s’est avéré être un handicap devant le développement humain. Le manque d’intérêt et de passion pour une véritable politique de développement local, le manque d’initiative, et l’absence de vision citoyenne chez la majorité des conseillers communaux ont rendu impossible l’épanouissement des initiatives de développement local.
Pour y remédier, il fallait agir sur le mal directement en partant du bas et non pas en agissant d’en haut. Repartir du terrain pour réformer le système. C’est la mission que s’est assigné l’ancien ministre délégué à l’Intérieur, Fouad Ali El Himma. « Il se prépare à devenir Premier ministre», se pressait-on à dire au lendemain de l’annonce de la décision de SM le Roi de donner une suite favorable à sa décision de quitter son poste pour se présenter aux élections législatives. Les choses se sont précipitées, M. El Himma décroche son siège de député, il crée un groupe parlementaire, puis une association sous forme de mouvement ayant pour objectif de regrouper tous les démocrates et, enfin, un parti politique dont la naissance est attendue pour septembre 2008.
Au cœur de tous ces événements, la majorité des observateurs ont focalisé leurs analyses sur l’impact de l’action du MTD sur la carte politique nationale. Or, le regard de l’initiateur du MTD est plutôt orienté vers les communales.
Les différentes expériences communales ont montré que l’élection d’hommes politiques compétents et honnêtes à la tête de communes a donné ses fruits, mais l’offre partisane reste néanmoins en deçà des attentes citoyennes. Il a été aussi démontré que la Région, qui est censée être le moteur de développement au Maroc, a du mal à fonctionner convenablement. Pire : tout le monde se rue vers le siège de président de commune et néglige le poste de président de région. On préfère chez les élus locaux avoir à gérer les permis de construction, les autorisations d’exercer une activité professionnelle… qu’ à travailler dans un cadre plus global comme la Région.
Le MTD veut y remédier. D’abord en réhabilitant l’action communale en général et, ensuite, en donnant la priorité à la Région. Les dernières initiatives du MTD en donnent la preuve : création d’un parti politique en fusionnant cinq petites formations et création d’un groupe parlementaire à la deuxième Chambre des représentants.
« Quel est l’intérêt de prendre des petits partis politiques dont la majorité n’a qu’un député ou deux ? », s’interrogent certains observateurs. Or, ce qui intéresse le MTD, c’est plus l’assise communale de ces formations que leurs députés. Aussi, le MTD veut profiter des structures déjà établies au niveau local par ces formations, combler le déficit des uns avec la présence des autres dans certaines communes et reconstruire une toile d’élus locaux qui peut couvrir l’ensemble du territoire national. «La plupart des représentants des ces partis au niveau local ont déjà vécu l’expérience de se présenter aux élections. La majorité n’a pas pu gagner face aux faucons des municipales qui demeurent très forts et ont une très grande capacité de mobilisation financière et humaine. Or, une étiquette MTD ajoutée à leur statut local ferait d’eux des élus parfaits pour des citoyens avides de véritables politiques de proximité », explique un politologue.
La deuxième initiative révélatrice de la stratégie communale du MTD est la création d’un groupe parlementaire au sein de la deuxième Chambre. Arrivés au Parlement grâce aux voix des « grands élus », les conseillers de la deuxième Chambre sont les mieux indiqués pour mener une politique électorale ayant pour finalité de verrouiller les communales de 2009. «D’une pierre trois coups : faire face aux islamistes du PJD qui, eux aussi, font des communales une question vitale pour leur avenir politique au Maroc, permettre – enfin – à la politique de développement local de s’épanouir, et générer une nouvelle élite politique qui commencera par le commencement naturel d’une carrière politique à savoir les communales», estime un observateur.
Le terrain municipal, à travers les élections de 2009, sera le vrai test de validation des différentes expérimentations lancées par le MTD. Le choix des personnes et leur qualité. L’enracinement local et la capacité de produire des programmes cohérents et mobilisateurs. Et la capacité à créer une vraie dynamique collective indépendante et autonome. Dès les premier pas politiques de Fouad Ali El Himma, libéré de ses fonctions, il a opposé la périphérie au centre, le local au national, l’élite au peuple, les gens simples aux gens sophistiqués, le vrai Maroc au faux Maroc, le Maroc des salons au Maroc des douars, l’urbain au rural etc. Cet angle d’attaque politique, voire populiste parfois, devra donner en 2009 des éléments concrets et consistants pour prouver sa pertinence. 

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