Commerce : la balance dans le rouge

Commerce : la balance dans le rouge

Le dernier rapport du ministère du Commerce extérieur sur les échanges du Maroc avec l’extérieur fait apparaître un léger frémissement au niveau des exportations. Celles-ci, en baisse de 6% durant tout le premier semestre de l’année en cours, auraient repris des couleurs à la fin octobre, avec une hausse de 2,3%. Un arbre qui cache la forêt!
En effet, cette petite reprise reste insuffisante pour contrebalancer le rythme des importations. Sur les dix premiers mois de l’année en cours, les achats du Maroc à l’étranger ont progressé de13% par rapport à la même période de l’année 2004. Le déficit commercial s’est aggravé de l’ordre de 27%, s’élevant désormais à 73 milliards de dirhams.
 Cette valeur n’est pas loin de la moitié du Budget du Maroc pour l’année 2005.
Autre indicateur important, le taux de couverture, rapport entre les exportations et les importations, est tombé de 55 à 50%.
D’après le ministère du Commerce extérieur, l’accélération du déficit commercial s’explique en partie par le renchérissement de 41% du prix du pétrole. Les besoins du Royaume en pétrole représentent à eux seuls plus de la moitié (57%) de la hausse globale des importations.
Abstraction faite des hydrocarbures, les importations n’ont en fait augmenté que de 6,5% entre le premier janvier 2005 et le 31 octobre dernier,
Au delà du facteur conjoncturel lié à la hausse du prix de pétrole, le déficit commercial est dû aussi au dynamisme du marché intérieur et parfois à l’augmentation des importations non productives.
Ainsi, sur la période considérée, les achats de voitures et des appareils récepteurs radio, télévisions et GSM, ont augmenté respectivement de 29% et 11%, soit plus de 1,2 milliard de dirhams par rapport à la même période de 2004. Reste toutefois un mystère à éclaircir. Les industries de transformation en peine, selon les statistiques, présentent en général des consommations en énergie (surtout électrique) en hausse. La plupart des entreprises appartenant à cette catégorie ont aussi renforcé leurs acquisitions en demi-produits, et leurs importations de matières plastiques et
du fer.
Ces deux produits ont crû respectivement de 22,4% et de 18%. Le ministère du Commerce extérieur lie cette tendance à la hausse «remarquable», des prix des matières premières sur les marchés mondiaux. La forte demande en provenance de la Chine et des Etats-Unis a en effet provoqué l’envolée des cours mondiaux.
Mais est-ce la seule explication au dynamisme des importations destinées aux entreprises et à une consommation énergétique en hausse? Quelle part dans ces commandes est absorbée par l’informel?
En tout cas, de l’autre côté, et contrairement à la croissance à deux chiffres des importations, les exportations marocaines sont à la peine.
Hormis les ventes du groupe OCP, 13 milliards de dirhams à fin octobre, en progression de 15%, les autres secteurs stagnent quand ils ne reculent pas.
Ainsi, les exportations des vêtements confectionnés ont cédé de 8%, celles des articles de bonneterie de 14% ; soit pour le secteur textile, une baisse de 2,1 milliards de dirhams durant le mois d’octobre.
Pour le ministère du Commerce extérieur, ce recul reste préoccupant bien qu’engendré par la concurrence chinoise dans les marchés européens suite au démantèlement de l’accord multifibre (AMF).
Autres secteurs en difficulté, les composantes électroniques et les fils, câbles électriques et leurs faisceaux . Ces produits subissent de plein fouet la concurrence des pays de l’Europe de l’Est. Leurs exportations sont en baisse respectivement de 5% et 26%.
A l’inverse, d’autres produits jouent un rôle de compensateur dans la balance commerciale. Cas des produits de la mer, frais ou en conserve, qui ont augmenté de plus de 784 millions de dirhams (+12,8%), suivis des agrumes (750 millions de dirhams, en progression de 63%) et des tomates (187 millions de dirhams, +31%).
En général, les exportations en hausse proviennent dans l’ordre des produits alimentaires, des demi-produits, des produits bruts, des produits énergétiques, de l’or industriel.
La baisse concerne surtout les produits finis de consommation et les biens d’équipement.
La stagnation des exportations n’affecte pas les avoirs extérieurs nets du Maroc. Grâce aux recettes voyages en hausse de 16,8% (34 milliards) et aux recettes MRE (33 milliards), le pays dispose d’une réserve de plus de onze mois.

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