Congrès : Les sous et les dessous

Le septième congrès national de l’USFP aura coûté entre 2 et 3 milliards de centimes, indique une source socialiste à ALM. Somme exagérée ? La facture ne le serait pas quand on se penche sur cette autre tâche « herculienne », qui consiste à héberger et nourrir, entre autres, près de 2.700 congressistes en plus des quelque 300 personnes, généralement des militants, recrutées pour l’encadrement.
L’une des grosses rubriques de dépenses demeure également celle que représentent les frais de séjour, de bouche et de transport des délégations étrangères. Pour ce dernier congrès, ces délégations ont été au nombre de quarante dont celles menées par Felipe Gonzalès (PSOE) et Farouk Kaddoumi (Fatah). « Nous n’allons pas permettre que ces personnalités soient transportées ou logées n’importe comment », indique un membre de la Commission préparatoire du septième congrès.
Pour la restauration, et au lieu de Rahal, les Usfpéistes ont opté, cette fois, pour les délices mijotées par Ben Kabbou. Le célèbre traiteur aura fourni quelque chose comme 22.000 plats par jour. Facile de faire le calcul, surtout avec un congrès qui dépasse largement la période initialement prévue.
A tout cela, il faudra ajouter les diverses installations dont de gigantesques tentes avec sonorisation adéquate, un centre-presse équipé, les tonnes de documents à l’attention des congressistes et une non négligeable logistique pour différents scrutins.
Mohamed Seddiki, membre du bureau politique, qui détient les cordons de la bourse, ne désire pas fournir de réponse à ce sujet.
D’autres sources socialistes avancent des chiffres plus « modérés » et variant entre 1,5 et 2 milliards de centimes. C’est, en tout cas, un peu plus que ce qu’aura coûté le sixième congrès (fin mars 2001) qu’avaient abrité les locaux de l’Office des Changes à Casablanca, soit un milliard de centimes et une conséquente contribution de l’Etat.
Où l’USFP trouve-t-elle tout cet argent ? Le rapport financier présenté par Mohamed Seddiki devant le congrès permet d’en avoir une petite idée. Entre avril 2001 et fin mai 2005, ce parti a engrangé plus de 5 milliards de centimes dont 591 millions au titre de la subvention de l’Etat. Les ministres USFP, le règlement l’exige, sont aussi tenus de verser une partie de leurs émoluments à la caisse du parti. La « récolte », pour la même période précitée, aura dépassé les 212 millions de centimes. La plus grosse dépense de l’USFP, hors ce 7ème congrès, aura été de s’offrir un nouveau siège à Hay Riad pour la bagatelle de 16 milliards de centimes.

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