Conseil national des droits de l’Homme : Grâce royale pour 190 détenus

Conseil national des droits de l’Homme : Grâce royale pour 190 détenus

Les détenus condamnés dans le cadre de l’affaire Abdelkader Belliraj ont retrouvé leur liberté. Mustapha Mouatassim, Mohammed Marouani, Mohammed Amine Regala, Alaa Badella Maa-El Ainin et Abdelhafid Sriti ont quitté, jeudi 14 avril, la prison de Salé. Les cinq détenus ont été graciés par SM le Roi Mohammed VI en plus de 185 autres détenus, en réponse à un mémorandum soumis au Souverain par le président et le secrétaire général du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH).
La décision royale porte sur la grâce sur le reliquat de la peine privative de liberté au profit de 96 détenus, la commutation de la peine de mort en peine à temps au profit de 5 détenus, la commutation de la peine perpétuelle en peine à temps au profit de 37 détenus et, enfin, la remise de la peine privative de liberté au profit de 52 détenus. Les cinq détenus du dossier Belliraj ont été accueillis, jeudi après-midi, en compagnie des membres de leur famille, dans un climat festif, au club des avocats à Rabat. «Je souhaite la libération de tous les détenus condamnés injustement. C’est une nouvelle page à un moment où le Maroc se réconcilie avec lui-même», a souligné M. Marouani, dans une déclaration à l’AFP. La grâce royale a, ainsi, mis fin à une injustice née d’un «procès politique» qui a été fortement dénoncé, à maintes reprises, par les associations de défense des droits de l’Homme et les médias. Les observateurs s’accordent pour affirmer que l’appareil judiciaire a été injuste à l’égard de ces cinq détenus, en leur infligeant des peines assez sévères. A rappeler que Mustapha Mouatassim, chef du parti Al Badil Al Hadari, dissous en 2008 , Mohammed Marouani et Mohammed Amine Regala ont été condamnés, mardi 28 juillet 2010, à 25 ans de prison ferme par la Chambre criminelle chargée des affaires de terrorisme près l’annexe de la Cour d’appel à Salé. Alors que Alaa Badella Maa-El Ainin et Abdelhafid Sriti ont, pour leur part, été condamnés à 20 ans de prison. Tandis que le Belgo-Marocain Abdelkader Belliraj, accusé d’avoir dirigé un réseau extrémiste présumé de 35 membres, a été condamné à perpétuité en juillet 2010. Parmi les personnes graciées figure également le militant Chakib El-Khyari, condamné, en février 2009, à trois ans de prison ferme dans une affaire de drogue. Aussi, près de 14 islamistes salafistes, parmi lesquels deux cheikhs, Ahmed Fizazi et Abdelkrim Chadli, figurent sur la liste des personnes graciées. Driss El Yazami, président du CNDH, a affirmé que la journée de ce jeudi 14 avril constitue une date historique et un pas important sur la voie du renforcement du processus de démocratie et des droits de l’Homme au Royaume. «Cette décision s’inscrit dans le cadre des mesures prises en faveur de la détente politique au Maroc et du renforcement du climat de confiance auquel aspirent tous les citoyens», a souligné M. El Yazami, lors d’un point de presse.  Pour sa part, Mohamed Sebbar, secrétaire général du CNDH, a expliqué que la décision royale procède d’une forte volonté de consacrer les valeurs des droits de l’Homme, instaurer l’Etat de droit et enraciner la culture de la justice et de l’équité. Et d’ajouter que cet événement vient couronner les efforts des familles des détenus libérés et des actions des militants et des associations des droits de l’Homme, assurant que le CNDH œuvrera à la protection de toute personne qui serait victime de procès inéquitable. Dans une allocution au nom des bénéficiaires de cette grâce, Mustapha Mouatassim a exprimé ses remerciements au CNDH, aux instances et organisations de défense des droits humains, aux médias, aux jeunes du 20 février, appelant le Conseil à poursuivre ses efforts pour la libération des autres détenus. Ceci dit, la libération des prisonniers politiques a été accueillie favorablement par les associations de défense des droits de l’Homme. «La libération des détenus politiques est l’une des revendications historiques du Forum Vérité et Justice (FVJ). Cette initiative louable est en mesure d’assainir le climat et de réinstaller la confiance. La libération des détenus politiques fera en sorte qu’une grande frange de la population reverra ses positions au sujet du processus de la réforme constitutionnelle», précise Mustapha El Manouzi, président du FVJ, dans une déclaration à ALM. «Nous accueillons avec grande satisfaction cette initiative. L’OMDH a toujours milité pour la libération des détenus politiques. Nous avions rendu public un rapport au sujet de ce procès que nous estimons inéquitable. Cette initiative aura un impact positif sur le débat mené actuellement sur la réforme de la Constitution», explique à ALM Boubker Largo, secrétaire général de l’OMDH.

«Une volonté certaine pour dénouer le dossier de la Salafia»
«Nous saluons la libération des détenus politiques, notamment ceux de la Salafiya Jihadia. Nous appelons à la libération de tous les détenus condamnés injustement. Le fait de libérer un cheikh de la Salafiya condamné à 30 ans d’emprisonnement est un bon signe», précise Abderrahim Mouhtad, président de l’Association Annasir, dans une déclaration à ALM. «Nous sommes contents du fait que le dossier de la Salafiya connaît une certaine dynamique. On constate une volonté certaine de s’acheminer vers le dénouement de cette affaire. Selon des informations, le nombre des détenus libérés devait être très élevé», ajoute-t-il.

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