Consommateurs, Révoltez-vous !

Alors qu’en Europe on parle de consom’acteur, consommateur averti et engagé, qui achète non seulement un produit, mais un processus, au Maroc on est encore au stade de la réflexion pour une meilleure protection. Escroquerie, arnaque, … l’entrepreneur, quelle que soit sa taille, est toujours en position de force. La promulgation, il y a quelques années, de la loi sur la liberté des prix et la concurrence présageait un meilleur traitement du consommateur et une meilleure accessibilité à l’information. Rien ne fut. La publicité mensongère et le non-respect de l’affichage des prix par les commerçants en est l’illustration parfaite.
N’ayant toujours pas cette qualité d’utilité publique requise par la loi, certaines associations marocaines, censées défendre les intérêts des consommateurs, sont considérées, aujourd’hui, comme de simples structures sur papier. Conscient de l’enjeu de la mondialisation et de l’ouverture des frontières et leurs impacts sur la vie du consommateur, le ministère de l’Industrie, du Commerce et de la Mise à niveau de l’économie organise, aujourdhui, à l’occasion de la Journée mondiale des droits du consommateur un séminaire dont le thème sera axé sur les choix, les droits et les obligations du consommateur.
Pour cette journée pas comme les autres, les organisateurs ont choisi comme secteur les services. Plusieurs tables rondes thématiques sont au programme : la protection du consommateur de services, l’environnement légal, les organes de régulation et le rôle que peut jouer la société civile, le droit du consommateur de choisir, accès à une offre diversifiée et de qualité, mise en place d’un système efficace de traitement des doléances, le cas des services concédés, préoccupations des consommateurs par rapport à la véracité des prix, évolution des performances, dispositif de protection du consommateur individuel… Pourquoi le secteur tertiaire ? Un secteur en pleine mutation, depuis le début du processus de libéralisation d’un certain nombre de secteurs, notamment les télécommunications, et leur ouverture sur la concurrence, et qui attire de plus en plus les ménages.
Et ce n’est pas tout. Selon les professionnels, c’est un secteur dont le taux de croissance annuel moyen est de 5,2 %. C’est dire la place très importante qu’occupe de plus en plus ce secteur dans la sphère économique nationale. Paradoxe : il est considéré par les professionnels comme le parent pauvre du processus de modernisation de l’économie nationale.
Certes, l’arrivée des nouvelles technologies de l’information et de la communication a dopé les ventes surtout, le secteur bancaire et le commerce électronique, mais sans aucune stratégie. C’est ainsi que le ministère de l’Industrie, du Commerce et de la Mise à niveau de l’économie a mis en place une stratégie pour la protection du consommateur pour la période 2004-2007 après concertation avec les différents acteurs. Une stratégie qui s’articule autour de cinq axes, à savoir la protection de la santé et de la sécurité du consommateur, la protection des intérêts économiques du consommateur, l’éducation du jeune consommateur, l’information et la sensibilisation du consommateur ainsi que la représentation des intérêts du consommateur.
À travers cette stratégie, le ministère vise, entre autres, à assurer un niveau élevé de protection du consommateur, promouvoir la participation du mouvement consumériste dans la protection du consommateur; renforcer la sécurité du consommateur et l’informer sur les questions économiques et juridiques le concernant sur le marché et créer une synergie entre les acteurs publics, privés et la société civile pour la promotion des intérêts et des droits du consommateur. À rappeler que le ministère chargé du Commerce et de l’Industrie a mis sur pied un projet de loi sur la protection du consommateur.
Projet qui s’est basé sur les expériences des autres pays, dont la France et l’Espagne, et qui prévoit, entre autres, l’obligation pour les fournisseurs des biens et services d’informer le consommateur, l’instauration de la notion de produit sûr par l’obligation de mise sur le marché des produits et des services qui ne présentent aucun risque ou danger pour le consommateur, la protection des intérêts économiques du consommateur, notamment en ce qui concerne les clauses abusives, la mise en place des dispositions relatives aux crédits à la consommation et à l’immobilier et l’instauration des mécanismes de prévention des situations de surendettement des consommateurs et le renforcement et le développement du mouvement associatif en la matière pour une meilleure représentation et défense des droits du consommateur.

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