Criquets : Attaque massive

Criquets : Attaque massive

Les criquets ravageurs continuent leur avancée dans le territoire marocain. C’est un constat. Le Maroc a contacté « les pays amis, ainsi que les organisations internationales concernées » pour que ses efforts dans la lutte contre l’invasion des criquets soient soutenues.
Selon le dernier communiqué du Poste central de coordination de la lutte anti-acridienne (PCCLA), situé à Rabat, la superficie totale traitée, depuis novembre 2003, a atteint les 475.000 hectares. Selon le ministre de l’Agriculture, Mohand Laenser, dont le département est fortement impliqué dans cette lutte, « 325.000 hectares ont été traités uniquement lors du mois de mars 2004 ». En d’autres termes, les autorités sont sur le pied de guerre, car le danger est bien réel. A ce titre, le ministre a déclaré à ALM que « personne ne peut prévoir le développement des essaims des criquets, car cela dépend des conditions climatiques », tels que la direction des vents et le niveau de la pluviométrie. Justement, cette année, la pluie qui est abondamment tombée en Mauritanie et dans les provinces sahariennes, a énormément favorisé la propagation de ce fléau.
Actuellement « les infestations concernent principalement la partie sud-est du Maroc (Bouarfa, Errachidia et Ouarzazate), tandis que des petits groupes ont été signalés et traités dans la région de Tiznit et les contreforts nord-ouest de l’Anti-Atlas », précise le communiqué du PCCLA.
Toujours en matière de lutte, il convient de souligner l’envoi par les autorités espagnoles d’avions pulvérisateurs nécessaires à cette difficile lutte antiacridienne. Toutefois, la partie marocaine n’a précisé ni le type d’appareils envoyés par les Espagnols (Piper PA25, Piper PA36, turbotrush…), ni le nombre exact d’avions mis en service dans la campagne de lutte.
Par ailleurs, plusieurs types d’acridicides (pesticides utilisés dans la lutte antiacridienne) sont régulièrement utilisés au Maroc. Cette année, on ignore si de nouveaux pesticides ont été testés. Le PCCA a, toutefois, précisé que « l’approvisionnement des régions en produits pesticides se poursuit à un rythme soutenu ».
En fait, le sérieux dans la lutte contre l’avancée et la prolifération des essaims de criquets n’est pas à mettre en doute. En revanche, ce même sérieux, dans le domaine de la communication, fait incontestablement défaut. La Gendarmerie royale et le ministère de l’Agriculture se contentent d’envoyer, une fois par semaine, un communiqué de presse à l’agence MAP qui se charge de sa diffusion. En somme, l’opinion publique nationale n’est mise au courant des derniers développements que chaque vendredi.
Contactés par ALM, les responsables du poste central de coordination et du centre de lutte d’Aït Melloul étaient injoignables, sachant pourtant qu’une fréquence-radio est spécialement prévue pour que la liaison soit toujours opérationnelle. Certains sont même allés jusqu’à dire que le communiqué hebdomadaire envoyé à la MAP était « suffisant ». Dans bon nombre de pays européens et américains concernés par des fléaux de ce type, la communication est toujours considérée comme un aspect important. Au Maroc, une bonne communication permettra de rassurer les principales victimes des criquets ravageurs, à savoir, les agriculteurs.
Que se passera-t-il si leurs récoltes sont décimées? Et quelles précautions sanitaires prendre quand leurs champs sont traités avec des pesticides? En effet, des résidus d’acricides, à des teneurs plus ou moins graves, demeurent dans les sols traités et dans les lieux de stockage des pesticides.
En outre, le ministère de la Santé devrait s’impliquer davantage, car les utilisateurs des pesticides devraient, en principe, subir des analyses médicales régulières pour leur éviter toute contamination. Pour la petite histoire, on compte des milliers d’espèces de criquets, ou acridiens, dans le monde, répartis en locustes (formant d’immenses essaims pouvant atteindre plusieurs milliards de ces insectes) et en « sauteriaux » (solitaires).
Solitaires lorsqu’ils sont en petit nombre, les locustes changent de morphologie, de physiologie et de comportement lorsque leur densité, en raison de conditions de reproduction favorables (essentiellement l’humidité), atteint un certain seuil.
Ils entrent alors dans une phase grégaire, constituant des essaims de plusieurs milliards d’insectes, certains pouvant atteindre 30 kilomètres. Ils s’envolent, alors, se laissant porter par les vents et s’abattent sur la végétation, qu’ils dévastent totalement.

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