Cultures de substitution : Le Maroc met 900 millions DH pour combattre la culture du cannabis

Le Maroc investit 900 millions de dirhams pour lutter contre la culture du cannabis, selon Taib Cherkaoui, ministre de l’Intérieur. Répondant à une question orale à la Chambre des conseillers, mardi 26 avril, M. Cherkaoui a affirmé que son département a élaboré un programme de développement pour encourager les cultures de substitution au cannabis dans 74 communes rurales. Ce programme d’un investissement de 900 millions de dirhams s’articule autour de quatre secteurs vitaux. Il s’agit de faire bénéficier les populations locales de cultures alternatives, réaliser des projets à forte valeur ajoutée, créer des unités de production et de commercialisation des produits locaux et promouvoir l’emploi à travers des activités génératrices de revenus. Sur le même sillage, M. Cherkaoui a souligné que le programme comprend également le développement du domaine forestier et la protection de l’environnement, la réalisation d’infrastructures à travers la construction de routes et voies pour le désenclavement des populations rurales et le renforcement des équipements à même de consolider le développement local, renforcer l’accès aux services sociaux et améliorer l’approvisionnement en eau potable et en électricité. Il a rappelé, dans ce cadre, que plusieurs associations et coopératives ont bénéficié de projets intégrés dans le cadre de l’INDH. Dans ce sens, un intérêt particulier a été accordé à ces régions dans le cadre du Plan Maroc Vert, avec la programmation de projets ambitieux qui auront un impact positif sur la mise à niveau des régions concernées et l’amélioration du niveau de vie des populations. En effet, selon M. Cherkaoui, le ministère est déterminé à poursuivre ses efforts pour la réalisation de programmes de développement en partenariat avec les acteurs locaux et les secteurs concernés, et à redoubler d’efforts pour combattre les réseaux actifs qui tirent de grands bénéfices du trafic du cannabis. Aussi, le ministre a salué les efforts considérables déployés par le Maroc durant les dernières années, en suivant une approche globale et progressive pour lutter contre l’amplification de la culture du cannabis. «Grâce à ces efforts, les terres cultivées en cannabis ont été réduites de 65%, passant de 134.000 ha en 2003 à 47.000 ha en 2010, selon un premier bilan réalisé dans ce cadre en coopération avec l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime», a souligné M. Cherkaoui. Par ailleurs, les efforts du Maroc dans la lutte contre le trafic de drogue ont été récemment salués par l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS) dans son rapport de 2010. Le document rendu public en mars 2011 indique que la superficie consacrée à la culture du cannabis au Maroc a diminué, chutant de 134.000 hectares en 2003 à 56.000 hectares en 2009. Il en va de même pour la production de résine de cannabis qui a enregistré une baisse considérable, passant de 3.070 à 820 tonnes au cours de la même période. Cependant, l’OICS a noté que malgré ces efforts, le Maroc continue d’être l’un des plus gros producteurs au monde de résine de cannabis. D’importantes quantités de résine de cannabis sont produites illicitement au Maroc et introduites clandestinement en Europe qui représente le premier marché de résine de cannabis dans le monde. «La résine de cannabis consommée en Europe provient en grande partie du Maroc. Elle est acheminée clandestinement, le plus souvent par bateau, vers la péninsule ibérique, d’où elle est envoyée vers d’autres pays d’Europe occidentale par des véhicules de transport de marchandises ou voitures particulières», a relevé le rapport. Par ailleurs, le rapport a jugé «efficace» le contrôle au Maroc des mouvements illicites de stupéfiants et de substances psychotropes en précisant que «le Maroc fournit régulièrement à l’OICS les renseignements exigés par les traités internationaux relatifs au contrôle des drogues». Ainsi, répondant aux attentes de l’OICS, le ministère de l’Intérieur a élaboré son programme de développement pour encourager les cultures de substitution au cannabis. Un programme ambitieux qui vient se greffer aux efforts internationaux de lutte contre la culture et le commerce des stupéfiants.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *