D’Adib à Issou, la même filière

L’histoire du lieutenant Abdelilah Issou ressemble à bien des égards à celle du capitaine Mustapha Adib.
L’embrigadement et le traitement par voie de presse se ressemblent, sauf que pour le lieutenant Issou, il s’est installé aux frais des services étrangers sur le territoire espagnol. Ce n’est pas le cas de Mustapha Adib qui a recouveré la liberté il y a quelques mois et qui est devenu actif dans un tissu associatif qui l’a soutenu du temps où il était derrière les barreaux. Rappel de cette affaire.
Jeudi 17 février 2000, le tribunal militaire de Rabat a condamné à cinq ans de prison, le capitaine Mustapha Adib. Le procès ouvert neuf jours auparavant a été tenu à huis clos. Adib a été également radié des Forces Armées Royales.
Comme Issou, le capitaine Adib était connu pour être un officier en rupture de ban par rapport à la discipline de l’armée, insoumis et il a eu l’avantage de lire et de s’instruire. Mais à aucun moment, il n’a mesuré la gravité de ses gestes en s’adressant à des médias étrangers pour distiller ce qu’il pouvait avoir sur le coeur.
Les mêmes bienfaiteurs, les mêmes donneurs de leçon qu’on retrouve aujourd’hui avec Issou, l’étaient il y a trois ans avec Adib. Claude Juvenal de l’AFP, à l’époque chef du bureau de ladite agence à Rabat, Jean-Pierre Tuquoi, l’honorable correspondant à l’époque du journal français Le Monde, et qui est derrière l’entrefilet paru dans le même journal, concernant M. Issou, le même Monde qui a publié le 16 décembre 1999 un article intitulé :  » Des officiers marocains dénoncent la corruption qui sévit dans l’armée », dans lequel seul le nom du capitaine Mustapha Adib est cité. Le reste lui est forcément attribué dans la mesure où les circonlocutions usuelles qui fourmillent dans l’article ne semblent pas montrer que Jean Pierre Tuquoi disposait de sources diversifiées et contradictoires. Nos amis de la presse espagnole toujours en faction ont servi les deux causes, celle d’Adib et aujourd’hui d’Issou.
Pour mémoire, le capitaine Mustapha Adib, en octobre 1998, a adressé au Prince Héritier Sidi Mohammed une lettre dans laquelle il dénonçait un trafic de gasoil dans la base d’Errachidia. Une enquête de la Gendarmerie a été diligentée. Les conclusions sont tombées et sont consignées dans les PV de la Gendarmerie. Le carburant, 120 tonnes environ, devant servir au fonctionnement d’un radar a été détourné et vendu. Les responsables de ce trafic, dénoncés par le capitaine Mustapha Adib, ont été arrêtés et traduits devant la justice militaire. Le lieutenant-colonel Marhoum, patron de la base a été condamné à dix-huit mois de prison et rayé des effectifs de l’armée. Une vingtaine d’officiers et de sous-officiers de cette base ont été également condamnés et radiés des FAR.
Plus tard, l’inspecteur général lui-même des Forces Royales Air a été remplacé sur ordre de feu S.M le Roi Hassan II. L’on constate que la lettre de dénonciation du capitaine Mustapha Adib a prospéré d’une manière inespérée. L’affaire du capitaine Mustapha Adib devait s’arrêter là. Mais c’était sans compter sur le désir de reconnaissance de notre officier aux mains blanches. Il ne pouvait plus rester à Errachidia. Ses camarades ne pouvaient plus tolérer la présence parmi eux d’un officier ayant été à l’origine d’une affaire qui a secoué leur base. De vexations en brimades, de rébellions en insoumissions, il a fini par récolter 90 jours d’arrêt de rigueur. Il fallait le sortir de là. Fin 1998, il est muté à la base de Salé.
La trappe s’est refermée sur le capitaine. Il est tombé sous le coup du code militaire : violations des consignes militaires et outrage à l’armée. L’affaire du gasoil est bien loin. les conseillers étrangers, omniprésents et envahissants, durant le procès de Mustapha Adib, qui a débuté le 8 février 2000, devant le tribunal militaire de Rabat, sont en train de préparer une nouvelle proie. Consentante ou pas, la question n’est pas là.

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