De l’émiettement au regroupement

Le nouveau mode de scrutin a obligé l’ensemble de la classe politique à opérer de nouveaux réglages. De nouvelles manières de voir et de faire. Et l’on ne peut dans ce contexte qu’attendre une nouvelle recomposition du champ politique à même de réduire le nombre élevé des partis et de donner plus de chances à la représentation significative des pôles en constitution.
Faut-il relever, dans ce sens, que les débats sur ce qui est convenu d’appeler la recomposition du champ politique ne date pas d’hier? Et que, à force de procéder à l’implosion des partis, on s’est retrouvé avec une carte politique qui n’a rien de réel, sauf qu’elle est le résultat de la volonté d’affaiblir les partis et les réduire au silence, sinon les pousser aux compromis et pourquoi pas aux compromissions ?
Une carte qu’il faut maintenant corriger par les urnes transparentes et un code électoral ne devant laisser aucune place à l’improvisation,aux possibilités d’intrusion de dernière minute. Les partis politiques ont compris la leçon et ont saisi que le temps des réglages administratifs est révolu et c’est à ce moment-là que le véritable débat sur la recomposition a été lancé, de peur de rester sur le quai.
Cette prise de conscience, conjuguée à la crainte de disparaître, a eu un effet bénéfique. Celui de permettre les regroupements. Il ne s’agit pas de faire l’union des scissions, pour la simple raison que ce n’est pas faisable techniquement et que c’est improductif politiquement. Il n’est pas question non plus de recoller les morceaux puisque ce n’est ni l’objectif, ni la manière. Il s’agit avant tout de peaufiner une vision commune et de travailler pour sa concrétisation. Ce qui est logiquement possible, voire souhaitable.
C’est dans cet état d’esprit que l’on situe l’accord entre le Mouvement populaire et le Mouvement national populaire, ou encore les discussions entre PPS et PSD, qui, rappelons-le, avaient abouti à un groupe parlementaire commun.
On ne voit pas pourquoi, encore aujourd’hui, les restes des composantes de la mouvance populaire, à savoir le Mouvement démocratique et sociale et l’Union démocratique, ne soient pas aussi impliqués dans cette démarche. Ni comment le PPS et le PSD discutent de probables alliances sans en faire référence à l’OADP, comme partie intégrante de la gauche marocaine…
Il est clair que contracter et réussir des alliances n’est pas chose facile. Les querelles de chefs ne sont jamais à écarter. Mais une chose est certaine : le paysage politique marocain d’aujourd’hui, pour qu’il soit tourné vers le futur, ne peut se permettre de reproduire les schémas ou les stéréotypes d’hier.
L’accord entre les frères ennemis de la mouvance populaire peut servir de catalyseur. Des regroupements en pôle doivent prendre place, pour peu qu’il y ait une certaine cohérence et un minimum d’entente. Les plates-formes ne sont pas des dogmes, mais des moyens pour clarifier les choses et veiller à ce qu’il n’y ait pas de dérapages…

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