De Robert Pierre à Abou Abderrahmane

De Robert Pierre à Abou Abderrahmane

Il a trois surnoms ; «Abou Abderrahmane», «L’haj» et «Yacoub». Alors que son nom est Robert Richard Antoine Pierre. Ce cadet d’une famille modeste, aux cheveux blonds et yeux bleus, est né le 30 janvier 1972 au Chambon-Fougerolles, dans la banlieue de Saint-Etienne, en France. Son père, Jacky, était souffleur de verre à Saint-Rambert. Sa mère, Jeannine, est, quant à elle, femme au foyer. Ayant quitté le lycée technique avec un niveau du 6ème année, de comptabilité et n’étant pas très doué en études, Robert vivote par de petits emplois dans la banlieue de Saint-Etienne. En 1991-92, il travaille dans une société pour fabrication de coton. C’est là où il a fait la connaissance de deux jeunes turcs, qui le conduisaient, de temps en temps, à une mosquée de Saint-Jeames, appartenant aux ressortissants turcs. Les deux finissent par le convaincre de se convertir à l’Islam. Depuis, il se fait appeler « Yacoub» et laisse pousser sa barbe. Qui l’a embrigadé dans ce courant de La Salafiya Jihadia ? Même s’il est difficile de trouve de réponse tranchante à cette question, il demeure certain, selon les propres aveux de Robert devant les enquêteurs de la brigade nationale de la police judiciaire, qu’un « salafiste», dénommé, Khaled lui a enseigné, à la mosquée Saint-jeames, et qu’il avait également reçu, en 1994, une somme de 10 mille francs français d’un certain Ihssane pour qu’il se rende en Turquie. À Istambul, il rencontre un certain Abdellah qui l’initie au Jihad et l’encourage à aller en Algérie ou en Afghanistan pour soutenir ses «frères musulmans». Intégriste pur et dur, Richard Pierre rentre à son pays avec un nouveau surnom, «Abou Abderrahman». Endurci, il n’en est pas moins sans argent. Pour en avoir, il se lance dans le trafic des voitures. Il achète de vieux modèles en France, Belgique et autres pays européens qu’il écoule au Maroc. Cette activité lui permet de découvrir le Maroc, pays de paix et de tolérance. Mais l’obsession d’aller rejoindre les «Soldat d’Allah» en Afghanistan ne le quitte jamais. En compagnie d’un Algérien et quatre turcs, Robet a réussi à s’y rendre via l’Iran et le Pakistan où il a passé quelques jours à «la maison d’hôte» nommé, «Dar Chouhada», géré par un certain Abou Houdaïfa, de nationalité saoudienne. Mettant ses pieds en Afghanistan, Pierre Robert a été accueilli par, un certain Palestinien, dénommé Abou Bakr, chef du camp « Khulden », spécialiste dans la fabrication des explosifs. Il y est passé quatre mois en recevant des entraînements para-militaires centrés sur le montage et démontage des armes, la fabrication des explosifs, le maniement des mines et des grenades et des entraînements dure sur la guérilla. C’est dans ses camps des « Fou d’Allah », qu’il a entretenu une relation d’amitié avec Kuskan, un Turc dénommé Chams Eddine. Marié à une Marocaine, ce dernier recommande à Robert Pierre d’épouser une Marocaine, amie de son épouse. Ce sera chose faite, à Tanger. L’heureuse élue s’appelle Fatima Bousmaha. De retour de France, il reprend son trafic de voitures. Démuni, avec une femme enceinte, il se jette dans la criminalité… au nom de l’Islam. Il mène des hold-up dans l’école où il a poursuivi ses études primaires, une agence bancaire (20 mille FF), une rôtisserie, un restaurant Mc Donald, ainsi que des attaques à main armée sur des gares ferroviaires en Belgique. En 1999, il retourne au Maroc en compagnie de son épouse, Fatima, pour séjourner à Tanger. C’est dans cette ville du Détroit qu’il commence à fréquenter des mosquées et à faire la connaissance des adeptes de La Salafiya Jihadia, comme les dénommés Hassan Fassi et Hicham. En apprenant qu’il avait passé des mois en Afghanistan et d’avoir suivi des entraînements militaires, ces derniers lui expriment leur prédisposition à agir au nom du Jihad. Il leur désigne quelques cibles en France (une raffinerie à Lyon, une synagogue et des citernes transportant un produit chimique explosif). Hassan Fassi lui promet d’embrigader d’autres personnes. Promesse tenue. Ahmed Bourouayne, Mustapha Hamdoune, un certain Abdeslam et un certain Abou Moundir se portent candidats. Il leur parle derrière un voile. Précaution sécuritaire. A ses disciples, il explique que pour participer au Jihad, ils doivent se familiariser avec le français. Seulement, un certain Abdellah les convainc qu’ils doivent agir au Maroc. Objectif : un Etat Islamique. Le 11 septembre les confirme dans leur conviction. Les intérêts américains au Maroc étaient dans la ligne de mise. Les membres de la cellule et son émir se préparent en déterminant les sites à attaquer, comme le siège de la DST, ses fonctionnaires, un casino et l’hypermarché Marjane à Tanger, les barrages des gendarmes établis notamment entre la ville de Détroit et Fès. Pour ce faire, les éléments de la cellule de Robert entament des entraînements sportifs et militaires dans une forêt à Tanger. Pour légitimer ses intentions, l’émir s’adresse à Hassan Kettani à Rabat. Il lui demande une Fatwa. Ce dernier lui recommande de se rendre chez Abdelwahab Rafiki, alias Abou Hafs. Abou hafs qui demande à son tour à Robert de rejoindre son groupe. Proposition que Robert a refusée. Après le 16 mai et la série d’arrestations qui s’en est suivie, Robert Pierre se réfugiée dans la forêt California à Tanger, là où il est arrêté.

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