Dépoussiérer la loi

Tout comme les pétards de Achoura, les bonbonnes de gaz font régulièrement des ravages au Maroc. Des victimes parmi des familles déshéritées qui recourent le plus à ces petites butanes de 3 kg pour faire généralement leur cuisine. À chaque fois qu’un drame survient, on s’en tient à l’émoi. Pas plus. Les responsabilités dans cette tragédie ne furent jamais déterminées. Par contre, on a pris l’habitude de faire porter le chapeau aux victimes elles-mêmes sans essayer de déterminer les véritables circonstances et surtout les raisons de l’explosion.
Il est vrai qu’il arrive que les utilisateurs, par défaut de manipulation qui fait fuiter le gaz, déclenchent l’éclatement de la bonbonne. Mais il y a aussi le défaut de fabrication, souvent évoqué officieusement. À ce sujet, une question se pose d’emblée : les conditions d’emballage sont-elles respectées ? Qui doit vérifier les normes de sécurité ?
D’aucuns soutiennent qu’il faut revoir l’ensemble du circuit de commercialisation et les conditions de stockage de ces engins dangereux. Pour cela, il est nécessaire de revoir la législation qui remonte à plusieurs décennies et qui régit les matières dangereuses. Un projet de loi réglementant la manutention, le transport par voie terrestre de ces produits est en train d’être préparé par le ministère du Transport et de la marine marchande.
Il est urgent de réviser tout le dispositif lié à l’utilisation du gaz butane à des fins domestiques. Il y va de la vie de millions de citoyens marocains aussi bien en ville que dans le monde rural.

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