Dérapages en vue

«L’Histoire est le produit le plus dangereux que la chimie de l’intellect ait élaboré.
Il fait rêver, il enivre les peuples, leur engendre de faux souvenirs, exagère leurs réflexes, entretient leurs vieilles plaies, les tourmente dans leur repos, les conduit au délire des grandeurs ou à celui de la persécution, et rend les nations amères, superbes, insupportables et vaines.» écrit Paul Valéry en 1938. Depuis les événements du 11 septembre, la politique extérieure des Etats-Unis d’Amérique est revêtue d’une conduite jusque-là latente.
Hormis les frappes contre l’Afghanistan et les dérapages commis sous le prétexte de la guerre contre le terrorisme, la barbarie perpétrée par le boucher Ariel Sharon avec le soutien inconditionnel de la famille de l’oncle Sam, soulève beaucoup d’interrogations. Plusieurs donnes risquent de changer de signification.
L’opinion internationale, et même américaine d’habitude déconnectée de ce qui se passe en dehors de ses frontières, commence sérieusement à se poser des questions.
En témoignent ces réactions de partout dans le monde occidental face aux grands paradoxes survenus suite à la crise au Proche-orient.
Des accords de paix signés par les israéliens et les palestiniens sous la houlette des Etats-Unis et dont le monde entier était témoin. Le nouvel ordre mondial est en principe bâti sur l’égalité des chances, le développement, les droits de l’homme et surtout les principes de la démocratie et de la liberté. De belles promesses qui sont en train de se transformer en de faux espoirs.
Quand les USA prétendent que l’Etat hébreu a le droit de se défendre contre le terrorisme, alors que toutes les télévisions et les agences de presse, autres que celles complices, transmettent en direct les massacres et les sièges du peuple palestinien et de tous les symboles de souverainté approuvés justement par la communauté internationale et par les USA.
Chaque fois que la menace planait sur certaines races humaines, qui ont droit à la vie, les Américains et les occidentaux en général remuaient ciel et terre pour la sauvegarde des droits de l’Homme, que ce soit en Afrique, en Amérique latine, en Asie ou même aux Balkans. Et comme par un fichu hasard, ce qui se passe en Palestine fait l’exception. Les protecteurs des minorités opprimés et défenseurs des droits de l’Homme, et des principes libéraux, se désintéressent totalement du nouveau génocide initié par le pire des criminels de guerre, à côté duquel Milosevic et Pol Pot sont des enfants de choeur. Cela dépasse de loin la politique deux poids deux mesures pour se rapprocher de la complicité tacite.
L’opinion internationale sait parfaitement que les USA sont capables, s’ils le voulaient d’arrêter le massacre. Le comportement négatif des Etats-Unis risque de la décrédibiliser aux yeux de toutes les populations du monde.
On commence déjà à sentir ce climat dans certains organes de presse : « Il ne faut jamais gêner la politique planétaire de la Maison Blanche», ou encore « Les américains sont devenus les champions des droits de l’Homme au début du siècle, au moment même où ils portaient le coup de grâce à leurs derniers indiens ». Les siècles et les paysages peuvent changer, les hommes seront toujours les mêmes, seuls protagonistes d’une tragédie qui se répétera partout et jusqu’à la fin des temps.

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