Des déçus et des griefs

La formation du gouvernement s’est faite dans la douleur. Mais plus douloureux encore a été la non reconduction dans la majorité de certaines formations qui faisaient partie de l’équipe gouvernementale sortante. Ou encore certains partis qui s’attendaient à une présence même symbolique après avoir soutenu le gouvernement Youssoufi.
C’est le cas notamment du Front des forces démocratiques, du Parti socialiste démocratique, membres de la coalition sortante, de l’Union démocratique, qui aspirait à travers son accord avec l’Union socialiste des forces populaires, à faire partie du gouvernementPour Thami Khyari, secrétaire national du FFD, le gouvernement actuel qui devrait être ramassé a été finalement pléthorique ; il devait comporter plusieurs femmes, il ne l’a pas vraiment fait et, plus encore, ce gouvernement a revu à la hausse le nombre des ministres sans appartenance politique. Quant à la présence des tendances politiques, M. Khyari constate que gouvernement connaît le retour en arrière de la gauche. «C’est le pôle rétrograde qui domine largement», dit-il avant d’ajouter qu’il ne s’agit là que de premiers constats en attendant de voir plus clair.
Pour Abdellah Kadiri, secrétaire général du Parti national démocrate, le gouvernement actuel est un gouvernement de continuité. «On a repris presque les mêmes pour reporter la solution des problèmes. Nous au PND, nous avons choisi dès le départ de rester dans l’opposition, on n’attendait rien des consultations pour la formation du gouvernement et nous allons poursuivre notre travail constructif », dit-il. Même son de cloche du côté de Mohamed Abied, secrétaire général de l’Union constitutionnelle. Ce dernier attend pour voir plus clair.
Grand déçu des tractations pour la formation du gouvernement, l’Union démocratique de Bouazza Ikken. Cette formation issue du Mouvement national populaire, qui se considère partie intégrante de la mouvance populaire, n’a pas été consultée par le MP et le MNP pour la formation de leur alliance. L’UD qui s’attendait à au moins un portefeuille ministériel que détiendrait Ahmed Moussaoui n’a pas été retenu.Par ailleurs, il se tourne actuellement vers le Conseil constitutionnel pour invalider les dispositions adoptées par la chambre des représentants, notamment la révision à la hausse du nombre de députés par groupe. Grief que partage également le FFD qui considère les amendements des règlements internes incompatibles avec les textes validés par le Conseil constitutionnel.
Toutes les voies sont bonnes maintenant pour critiquer le Cabinet Jettou. Reste à savoir sur quelle base et avec quels moyens…

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