Des femmes aux premières loges

Onze partis sur les 26 en lice se sont répartis les 30 sièges de la liste nationale. Autant de femmes font donc leur entrée au Parlement 2002-2007 auxquelles il faut ajouter les 5 élues au titre de la liste locale. Ce qui porte leur nombre total à 35 députés ( avec le dernier siège de Fatna Lkhiel du MNP d’El Ghrab) qui siégeront aux côtés des 295 hommes. La présence féminine sous la coupole a enregistré une évolution extraordinaire par rapport aux législatures de 1993 et de 1997 où la représentation se limitait à deux petits sièges.
La liste nationale, une espèce de quota qui a réuni le consensus de tous les partis, était le seul moyen pour aménager à la femme une bonne place aux côtés des hommes. Sans cette politique, il y a fort à parier que le poids des femmes au Parlement n’aurait pas connu une telle avancée qui fait aujourd’hui la fierté du pays.
La compétition électorale entre les hommes était tellement rude qu’il y avait peu de place pour les dames dans le suffrage universel. On a vu cela dans la course vers les têtes de liste et les déchirements que cette situation a engendrée parmi la gent politique masculine.
Cependant, la liste nationale n’a pas échappé à des problèmes dus essentiellement au choix des candidates et à surtout à leur classement. Certains partis comme le RNI ont marginalisé leurs militantes dont certaines sont membres du Bureau exécutif au profit de prétendantes (notamment les trois premières) considérées comme des parachutés imposés par Ahmed Osman et une partie de son entourage.
L’USFP, lui, s’en est bien tiré dans l’ensemble. Sauf que Nezha Chekrouni, placée en première position, aurait pu descendre dans l’arène électorale et affronter pour la première fois les citoyens-électeurs. Forte de sa notoriété de ministre, elle avait les moyens d’enlever un siège au lieu de se contenter d’une élection assurée d’avance. La victoire acquise par la compétition, il faut en convenir, n’en serait que savoureuse. D’autant plus que le PJD, tout comme l’Istiqlal, a envoyé des femmes se disputer avec les hommes les suffrages des électeurs. La moisson même si elle maigre (deux sièges féminins pour chacun des deux partis) est intéressante surtout par sa symbolique.
Cela vaut aussi pour Nouzha Skalli du PPS. Militante en vue, engagée politiquement, celle-ci aurait pu tenter sa chance en 2002 dans une circonscription de son choix même si elle a été candidate malheureuse lors des précédentes législatives. Cela dit, ceci n’enlève rien au mérite de ces deux femmes, Mmes Chekrouni et Skalli, et à leur qualité de représentantes de la nation.

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