Des investisseurs en otage

Les projets touristiques à Sidi Rahal se comptent sur le bout des doigts. Et pour cause : des obstacles, souvent, d’ordre foncier. Deux dossiers sont actuellement en cours d’examen par les différents départements ministériels concernés. D’abord, il y a l’affaire du locataire du complexe touristique «Les Vagues Bleues», situé sur le territoire du département des Eaux et Forêts, en même temps élu représentant le RNI. Ce dernier avait déposé, au mois de mai 2004, une plainte auprès du Tribunal de première instance de Berrechid contre le président de la commune pour vol et escroquerie.
Après avoir signé, en 1994, un contrat de location d’une durée de 9 ans, renouvelable, ce dernier avait créé un fonds de commerce, dont la valeur est estimée, selon lui, à 7.000.000 de DH. Dernier à être averti, le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et des Pêches maritimes, alors ministère de tutelle, avait, en 1999, adressé un courrier au wali de la région Chaouia-Ouardiga, lui demandant des explications sur l’occupation illégale de terrains forestiers par la commune de Sidi Rahal et de résilier le contrat de location en question. «Seul le ministère de tutelle peut gérer le domaine forestier. Chose qui ne relève pas des compétences du président», a fait savoir ce dernier qui ajoute que le montant global du loyer versé à la commune s’élève à 650.000 de DH. «Sans oublier les impôts, bien sûr», insiste-t-il.
Au mois de mai 2003 et suite à une enquête menée par une commission du ministère, ce dernier avait rédigé un procès de délit, dont nous nous sommes procuré une copie, contre la commune. S’estimant lésé et pour essayer de trouver un terrain d’entente avec le ministère, ce dernier avait, en 2004, fait une proposition d’échange de terrain avec le ministère. Offre rejetée en raison du litige qui oppose le ministère à la commune. Idée reprise sur le tard. Car, bien avant lui, le propriétaire du Café «L’Horizon», qui était, lui aussi, sous contrat de location avec la commune, a procédé à un échange de terrain avec le ministère des Eaux et Forêts. «Nous avons rempli toutes les conditions définies par le ministère avant d’acquérir ce terrain», a déclaré Mohamed Kerroum, propriétaire dudit Café.
Situé sur le domaine des Eaux et Forêts, ce terrain couvre une superficie de 15.600 m2 et sur laquelle ce dernier prévoit de construire une station balnéaire. «Cela fait maintenant presque six ans que le projet est prêt, mais il est bloqué. Je ne sais pas pourquoi. J’ai la maquette du projet, j’ai fait toutes les démarches nécessaires, j’ai écrit à tous les ministères concernés qui, d’ailleurs, m’ont donné leur accord, mais ça traîne toujours. Je ne sais pas combien de temps cela va durer, mais je commence à perdre patience», a confié celui-ci, avec beaucoup d’amertume.
Selon les derniers éléments de cette affaire, si blocage il y a, c’est parce que la commune veut s’approprier ledit terrain sur la base d’une demande déposée, en 1995, auprès du ministère des Eaux et Forêts. «J’ai tous les documents. La transaction, je l’ai faite avec le ministère. Si jamais il y a un problème, j’attaquerai ce dernier en justice», a tenu à souligner M. Kerroum, qui compte aller jusqu’au bout pour que son projet puisse voir le jour.

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