Des Landers marocains

Bien longtemps avant son décès, feu Hassan II avait déclaré publiquement son admiration pour le système de gestion des Landers en Allemagne. Le souverain défunt n’avait pas caché à l’époque qu’il voulait calquer ce système après avoir constaté la réussite de l’autonomie des gouvernements régionaux. Avant qu’il ne soit rappelé à Dieu, feu Hassan II avait pu concrétiser une partie de son rêve en créant le système des régions. Il est vrai que la gestion de ces 16 collectivités locales a buté sur plusieurs obstacles d’ordre organisationnel et financier. Mais il n’empêche pas moins que la vision du Souverain défunt retrouve aujourd’hui toute sa valeur stratégique avec l’obligation pour le développement économique de l’existence de la gestion décentralisée et déconcentrée. Mais il est vrai aussi que la lenteur administrative, la bureaucratie ambiante, la corruption et une mentalité figée de la gestion, continuent à dresser des obstacles au développement socio-économique des régions. En matière de promotion de la création d’entreprise, l’installation effective des centres régionaux d’investissement constitue un grand pas en avant.
Déjà le CRI de Casablanca a dressé un bilan positif en trois mois d’existence qui contraste avec la lenteur du système précédent. Ce faisant la région devra maintenant faire sa propre promotion pour attirer les investisseurs marocains et étrangers tout en se départissant des contraintes administratives. Si le Wali de la région a été impliqué dans le développement économique en devenant le président de l’investissement, il doit pouvoir influer sur tous les services ministériels pour activer les procédures en matière foncière, financière et administrative.
Le rôle du prochain gouvernement qui a pour première priorité la lutte contre le chômage est d’assurer un suivi continu de ses centres cruciaux pour l’investissement et donc le développement régional. Il faut surtout que le rôle des collectivités locales (communes et régions) soit redynamisé dans le sens d’une gestion d’entreprise et non pas de services publics. Car tout repose sur la trilogie CRI, région et commune pour créer une synergie qui constituera avec le secteur privé, une stratégie de développement durable. Les spécificités sociales et économiques de chaque région seront exploitées à bon escient pour assurer la croissance au niveau national.

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