Des mesures anti-crise peu appréciées, selon le CMC

Le Centre Marocain de Conjoncture (CMC) vient de publier sa dernière lettre mensuelle qui est un spécial Post-Crise. Le document indique que la crise économique et financière qui a secoué toutes les économies des pays n’a pas épargné le Maroc. Pour limiter les effets de la crise sur l’économie nationale, les pouvoirs publics ont mis en place des dispositifs anti-crise et ont pris des mesures pour lui éviter de subir ses retombées négatives. Celles-ci ont été peu appréciées par les opérateurs économiques.
Le dernier sondage d’opinion effectué par le CMC le confirme. 84% des opérateurs interrogés ont déclaré être insatisfaits des mesures prises par le gouvernement pour aider les entreprises à mieux supporter les effets de la crise. Pour faire face à cette conjoncture difficile, les opérateurs ont prévu plusieurs actions parmi lesquelles figure en premier lieu la maîtrise des dépenses. Ils sont 44% à avoir retenu la réduction des dépenses comme première mesure à prendre pour pouvoir résister à la crise. La deuxième mesure évoquée porte sur la restructuration de l’activité pour l’adapter au nouveau contexte international. Le reste des actions envisagées porte sur la limitation des capacités de production, la réduction des effectifs de personnels ou la baisse des horaires de travail. Ce sondage a également mis en relief la détérioration des activités dans les principaux secteurs de production depuis le début de l’année.
Plus du quart des opérateurs enquêtés estiment que leur niveau de production s’est réduit d’au moins 20% depuis le déclenchement de la crise contre 19% qui déclarent une perte de production se situant entre 10 et 20% durant la même période. Plus de 80% des opérateurs interrogés attribuent la détérioration de la situation de leurs entreprises à la crise économique mondiale. La baisse de la demande adressée aux entreprises constitue la principale cause de la dégradation de la conjoncture économique. D’autres facteurs telles que la baisse des prix des produits et les difficultés d’accès au crédit figurent parmi les éléments ayant contribué à amplifier les répercussions de la crise. Dans sa lettre, le CMC table sur les mêmes estimations que le gouvernement, à savoir un taux de croissance de 3,2% pour 2010. Deux hypothèses sont avancées pour expliquer ce scénario prospectif. La première se traduit par un volontarisme plus appuyé et plus fort des pouvoirs publics face à la crise grâce à des plans de sauvetage ou de relance plus adaptés et plus globaux. Il faut aussi souligner l’importance des grands chantiers notamment infrastructurels dont les retombées sur la croissance de l’économie nationale seront positives. La deuxième hypothèse réside dans le redressement de la conjoncture qui serait le début de la sortie de crise de l’économie internationale et le relèvement perceptible de la croissance mondiale au milieu de l’année 2010. Sur le plan international, le CMC prévoit  une croissance du PIB mondial de l’ordre de 3,5%. Après une importante chute, le commerce international devrait connaître sur cette base une progression légère d’environ 2,8%.

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