Des policiers espagnols à Guantanamo sans l’aval de la justice

Au cours de cette opération, effectuée sous le gouvernement conservateur de José Maria Aznar, les policiers se sont rendus à Guantanamo en compagnie d’agents de la CIA pour s’y entretenir avec des prisonniers "sans l’autorisation d’aucun juge espagnol", selon le quotidien de centre-gauche.

Ils y ont notamment interrogé Hahmed Abderraman, originaire de l’enclave espagnole de Ceuta au nord du Maroc, surnommé le "Taliban espagnol", ainsi que Lahcen Ikassrien, un Marocain habitant en Espagne, capturé en 2001 en Afghanistan, puis transféré à Guantanamo début 2002.

Tous deux, renvoyés en Espagne respectivement en 2004 et en 2005, ont été remis en liberté après avoir été innocentés par la justice espagnole de charges pesant contre eux pour des affaires de terrorisme.

Lahcen Ikassrien a déclaré à El Pais qu’il avait dit aux policiers espagnols venus l’interroger qu’ils ne pouvaient le faire car il était marocain.
Il a précisé que ces policiers, qui faisaient une enquête sur une cellule espagnole d’Al-Qaïda soupçonnée de liens avec les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, lui avaient offert de l’argent et un statut de "témoin protégé" en échange d’une éventuelle collaboration.

Ils lui avaient notamment montré une photo du Marocain Jamal Zougam, accusé par la suite d’être un des auteurs des attentats du 11 mars 2004 à Madrid (191 morts) dont le procès s’ouvre jeudi.

Le quotidien espagnol avait révélé lundi que trois bases militaires espagnoles avaient été utilisées entre janvier 2002 et novembre 2005 pour sept vols militaires américains à destination ou en provenance du camp de prisonniers de Guantanamo.

El Pais a réclamé dans un éditorial publié mardi la constitution d’une commission d’enquête parlementaire sur ces "faits sordides".

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