Des retards administratifs et budgétaires

La loi de Finance 2003 a été adoptée presque deux mois après la mise en place du gouvernement Jettou, le 7 novembre 2002. Conséquences : un retard au niveau des attributions et des délégations de signature. Le retard a été plus sensible dans les départements sous tutelle : les ministères délégués et, plus particulièrement, les secrétaires d’Etat.
Concrètement, à défaut de délégation de pouvoir et de signature, les ministres sous tutelle, s’ils peuvent concevoir la politique de leurs départements, ils ne sont pas, par contre, des ordonnateurs. Et si, pendant plus de deux mois, des membres du gouvernement n’ont pas pu ordonner, on peut penser, même si ce n’est pas le cas, qu’ils sont en surplus et que l’on pourrait s’en passer. En réalité, la délégation du budget de certains départements, dont la nomenclature ne figurait pas dans l’ancien rubricard, a accusé un certain retard et les nouvelles « morasses » de budgets sectoriels a subi la loi des allers-retours.
D’ailleurs, en principe, le Parlement a voté la loi de Finances 2003, en tenant compte des modifications. Car, l’inverse, la non-prise en considération de la nouvelle nomenclature aurait constitué un grave précédent. Mais, en l’absence d’informations précises et de communication propre à chaque département, on peut penser que chaque ministre de tutelle agit à son chef, selon son caractère. Or, la logique gouvernementale est claire. Un ministre, tous grades confondus, n’a que l’avis de son Premier ministre. Et à défaut de consens et de solidarité gouvernementale, en ce qui concerne les projets intégrés qui impliquent plusieurs Ministères, l’arbitrage est du ressort de la Primature. Quant aux problèmes administratifs, c’est le secrétaire général du département ministériel qui les règle. A tout cela, il faudra ajouter le manque de savoir-faire précis et le temps d’adaptation des nouveaux cabinards qui est comblé par les compétences déjà sur place. C’est aussi le tribut à payer par un gouvernement pas tout à fait politique.
Au niveau de la nouvelle nomenclature, le Secrétariat d’Etat à la jeunesse est un cas à part. Il fait encore face au délicat problème de la séparation des deux départements de la défunte Jeunesse et Sports. Un problème de délimitation du patrimoine et du personnel.
C’est surtout la question des infrastructures qui risque de trouver, à court terme, un dénouement. L’empreinte de la fusion est omniprésente, presque partout. A titre d’exemple, l’Institut royal de formation des cadres forme des compétences sportives mais également juvéniles et féminines. La salle couverte du complexe sportif Mohamed V a à sa tête un directeur «Jeunesse», tandis que le Centre de Bouznika est géré par une directrice cadre sportif. C’est dire les interférences entre les deux départements et les difficultés d’une séparation des biens et des hommes.
C’est dire aussi que, sans les installations le patrimoine des «Sports» que pourra «inventer» la «Jeunesse» ? Idem pour la cinquantaine de délégations de la Jeunesse et des sports, à travers le Royaume. Sur quelles bases peut-on défendre le partage ? Toute la question est là. C’est ce qui pourrait expliquer le retard constaté au niveau de la délégation de signatures et des attributions. Car c’est sur le plan budgétaire que le déséquilibre est plus criard. Le budget d’investissement réservé au nouveau département de la Jeunesse est de quelque 30 millions de dirhams, sur un budget initialement réservé à la J & S de 246 millions de DH. C’est dire la misère d’un département censé encadrer la force du Maroc de demain et la préparer aux nouveaux défis.

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