Des roses bien épineuses

Un investissement colossal, de l’ordre de 400 millions de dirhams, une architecture de rêve où le rose est présent et, à perte de vue, un mélange d’eau, de roches et de palmeraies, paysages qui font la décoration de ce qui était appelé à devenir le plus grand centre thalassothérapique du monde avec 120 cabines de soins et une capacité de 650 curistes. Hélas! Comme dans un mauvais film de série B, tout s’est enchaîné, parfois dans le désordre : problèmes, dénonciations, plaintes, révélations…L’affaire qui mobilise le tout Agadir de l’hôtellerie est encore loin d’être bouclée. Alors qu’il n’avait pas encore accueilli son premier client, l’établissement est déjà au centre d’une polémique entre le locataire et le promoteur. Une guerre de médias, de communiqués. Bref, c’était peu propice à l’épanouissement d’une activité hôtelière. Le refus du locataire de débourser une caution d’environ 40 millions d’euros, sous prétexte que l’hôtel ne correspondait pas aux normes d’un hôtel cinq étoiles, allait envenimer irrémédiablement les relations avec Dorint qui fera finalement marche arrière. Contraint ou forcé ? là n’est pas le problème car, d’autres affaires, autre que celles de la construction des villas en front de mer, d’autres procès sont encore en vue. D’abord avec l’architecte concepteur du centre thalassothérapique. Celui-ci fera marche arrière mais non sans prendre le soin d’aviser les autorités locales dont l’agence urbaine sur les raisons de son départ. Ensuite, ce sera au tour des fournisseurs, eux aussi mécontents, réclamant des arriérés de paiement de l’ordre de 40 millions de dirhams, peut-être une petite misère comparée au montant de l’investissement déclaré, mais qui peut coûter des centaines d’emplois. Là aussi, la règle des affaires, à savoir mieux vaut un mauvais arrangement qu’un bon procès, n’a pas été respectée. L’affaire qui ne s’étouffe pas (la presse en fait ses choux gras ) atterrit au tribunal. Le temps d’une sieste estivale somme toute normale dans cette baie ensoleillée, le conflit avec les fournisseurs a brutalement ressurgi début octobre avec la désignation d’un expert par le tribunal de commerce d’Agadir pour l’évaluation de certaines valeurs de l’hôtel. Début d’un long processus de recouvrement de dû par l’une des méthodes les plus musclées : la saisie conservatoire? L’avenir de l’établissement est désormais suspendu au rapport de l’expert qui, en cas de non-paiement, peut exiger une vente forcée. Les problèmes du Palais des Roses s’arrêtent-ils là ou, comme le laissent entendre certaines parties impliquées dans l’affaire, vont-ils s’aggraver plus loin et porter, entre autres, sur le terrain de l’hôtel qui serait aujourd’hui hypothéqué ? Face à tous ces problèmes et à toutes ces questions, l’engagement de reprise de l’établissement par le groupe Méridien est perçu par beaucoup d’observateurs comme très courageux. A suivre.

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