Des statuts qui dérangent

Le fait que l’Agence urbaine de Casablanca dépende du ministère de l’Intérieur et non de celui de l’Habitat ne figure pas dans les revendications du Syndicat des architectes du Maroc (SLAM). Cette agence créée en 1984 s’occupe, entre autres, de la gestion de la mosquée Hassan II et traite un nombre important de dossiers par an. L’année dernière, dans le projet de loi en gestation, il était question d’un transfert de cette agence du ministère de l’Intérieur à celui de l’Habitat.
Cette option ne semble plus «urgente», nous dit-on au ministère de l’Habitat. Par contre, des projets de réformes visent les autres agences régionales, pour renforcer la coordination avec les communes. «Il n’est pas nécessaire de faire voter des textes. C’est juste un changement de culture qu’il faut», avait déclaré le ministre de l’Habitat. En attendant, propositions et contre-propositions se bousculent autour de ces réformes qui tardent à se profiler. L’agence urbaine que d’aucuns veulent transformer en « agence d’urbanisme », comme c’est le cas en France, doit se moderniser, rester publique avec une gestion privée, en vendant des prestations. Fonction tout indiquée et à laquelle le Maroc est demandeur : la réalisation d’études d’urbanisme et la mise en place de mécanismes de préservation du patrimoine. Pas question cependant de transférer tout le pouvoir aux communes. L’enjeu est aussi d’ordre financier. Les agences urbaines sont riches, ne serait-ce qu’avec les documents d’urbanisme homologués qui sont remis aux particuliers, contre des prix supérieurs à 1 000 dirhams dans certains cas.
En tout cas, le sit-in observé aujourd’hui par le Syndicat s’en ressentira peut-être du séisme d’Al Hoceima, puisque toutes les associations contactées, sans désapprouver, jugent la démarche inopportune. «Il serait judiciaire de dépasser d’abord la crise, et, ensemble, de manière commune, réfléchir aux réformes. Faire cavalier seul ne paye pas », déclare un architecte, depuis la ville d’Al Hoceima. Pourtant, la réforme des agences urbaines a souvent fait l’actualité, ces derniers mois. Le ministère de l’Habitat avait ainsi fait part, l’année dernière, de son intention de créer de nouvelles agences urbaines et 9 nouveaux Erac. Le nouveau rôle des agences urbaines devrait les amener à mieux être un instrument au service de l’investissement. Elles devront présenter un projet de développement urbain du territoire national soumis à leur autorité.
Plus près de nous, au début de cette année, la primature a tenu une réunion de suivi avec certains intervenants dont l’Agence urbaine de Casablanca. Ordre du jour : examiner les dossiers bloqués. Peut-être ce temps serait trouvé en accédant à l’une des demandes du syndicat, à savoir mettre en place un guichet unique pour la procédure de demandes de permis de construire.

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