Diplomatie parlementaire : Nouvel élan

On a beau dire que la diplomatie est une affaire de diplomates de carrière, on se rend à l’évidence au moment des grandes décisions ou des crises internationales, que ce sont surtout les autres instances de médiation qui rentrent en ligne de compte.
Ce qui se fait actuellement par le biais de la diplomatie parlementaire est révélateur à plus d’un titre. Alors que les diplomates peinent à trouver une issue à l’escalade de la violence aveugle au Proche-Orient, les parlementaires membres de l’union internationale parlementaire (UIP) ont réussi à faire asseoir Palestiniens et Israéliens autour de la même table. Et plus, ils se sont donné rendez-vous prochainement à Charm El Cheikh, pour discuter des moyens à même de permettre le retour au calme et de relancer le processus de paix mis à mal depuis l’arrivée d’Ariel Sharon à la tête du gouvernement israélien.
Si le problème israélo-palestinien, par sa gravité et par le tragique sort fait aux populations palestiniennes et par les confrontations violentes au quotidien, partout ailleurs la diplomatie parlementaire gagne en visibilité et en efficacité.
C’est dans cet état d’esprit que l’on peut s’apercevoir qu’au Maroc, et plus que par le passé, la diplomatie parlementaire a gagné du terrain et ses lettres de noblesse avec. Malgré les hésitations, malgré ce qui était considéré comme des chevauchements entre les deux Chambres du Parlement, le résultat de l’action parlementaire au niveau diplomatique est prometteur.
Une action qui a permis au Maroc de renouer des relations diplomatiques bilatérales, qui a donné un nouveau souffle aux efforts marocains pour s’assurer des soutiens en faveur de la défense de son intégrité territoriale et qui a en fin de compte permis au pays d’aller de l’avant dans ses relations économiques avec des pays amis. Les parlementaires belges, des différents groupes parlementaires, français, des pays africains et d’Amérique Latine, ou encore d’Asie, ont fait des déplacements au Maroc et par leur biais, des accords commerciaux ou des ententes politiques ont été mis en chantier.
Cela ne fait pas de l’ombre à la diplomatie classique. Loin de là. Il s’agit d’une vision novatrice permettant aux diplomatiques d’avoir plus de visibilité. Et c’est justement dans ce sens qu’il faut tirer profit de la diplomatie de nos parlementaires. Ce qui joue en faveur de ce mode de gestion des relations internationales, c’est que pour le Maroc, la politique étrangère fait généralement l’unanimité.
À quelques exceptions près, le volet diplomatique ne souffre d’aucune dissonance. Dans l’affaire du Sahara, par exemple, l’oeuvre des parlementaires a été pour beaucoup dans le retrait de reconnaissance de la RASD par plusieurs pays. Mais, dans ce domaine comme dans le reste, on a de plus en plus besoin de constance, de suivi, de suite et de cohérence dans les idées et aussi d’une forme de clairvoyance qui s’affine avec la pratique et l’expérience.

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