Discours choc de SM le Roi Mohammed VI : la gestion publique épinglée

Discours choc de SM le Roi Mohammed VI : la gestion publique épinglée

Le Maroc a besoin de nouvelles élites régionales pour ancrer la régionalisation avancée dans la réalité et pour défendre la cause de son intégrité territoriale, a lancé SM le Roi vendredi du haut de la tribune du Parlement dont il a ouvert la session d’automne.

Le Souverain qui a qualifié le contexte actuel de délicat en interne comme à l’international, a enjoint aux partis politiques de s’atteler à la tâche de former ces nouveaux gestionnaires. SM Mohammed VI qui a également appelé à la mobilisation la plus large pour défendre les intérêts de la Nation, a adressé un appel pressant à la classe politique l’invitant à un devoir de mémoire afin de raviver la flamme du patriotisme chez ceux qui ignorent l’évolution politique nationale. Il a, par ailleurs, demandé à cette même classe politique un engagement plus résolu au service du pays, l’invitant à ne pas «attendre un éventuel signal pour agir dans ce sens».  

SM le Roi qui avait à ses côtés SAR le Prince Moulay Rachid, a donné ces différentes orientations dans un discours de cadrage, à effet d’électrochoc, tant il a été sans complaisance sur les principales tares de la gestion publique. Le Souverain y a fait toutefois l’éloge du parlementarisme dans le Royaume en le qualifiant de choix stratégique et d’engagement de conviction. Il l’a également présenté comme un processus «évolutif et cumulatif» devenu modèle pour nombre de pays.

Il a ajouté que c’est la «mémoire vive» des grands moments de l’Histoire nationale et s’est dit heureux de ce que les présidents des deux Chambres célèbrent le cinquantenaire de la création de l’institution par l’organisation de manifestations propres à raviver le souvenir. Depuis 50 ans, a déclaré le Souverain, le Parlement est au cœur de la démocratie participative marocaine. Une démocratie qui se doit de marcher sur ses deux jambes en sollicitant aussi bien le mandat national, car le conseiller municipal fait autant œuvre utile pour ses administrés et la nation que le député ou le conseiller qui siège au Parlement.

Ce même Parlement à qu’il a enjoint de prolonger l’esprit de la Constitution en s’en inspirant dans les textes d’application. Cependant, a jugé le Souverain, la quantité ne vaut pas nécessairement la qualité s’agissant des lois et, plutôt de courir le nombre, mieux vaut s’attacher à la pertinence et à l’efficacité en le domaine. Pour lui, un exemple de ces règles de droit utiles est la loi spécifique sur l’opposition qui, en même temps que de lui aménager un dialogue constructif avec le gouvernement – dans le respect du principe de la séparation des pouvoirs-, et d’en faire une force de proposition, la désigne à être un organe de contrôle de l’action de l’Exécutif. 

Car le Parlement est la seule institution en droit de légiférer, a dit SM le Roi qui a appelé les élus à faire preuve d’abnégation et de persévérance au service des différentes causes nationales.

Deuxième type de mandat cité comme pilier de la démocratie participative marocaine: le mandat local. Si le rôle du Parlement est de décider des politiques publiques, a dit SM Mohammed VI, la mission des communes est d’aller au plus près des besoins des habitants en veillant au bon état de la voirie, de l’assainissement ou en s’ingéniant à créer de l’emploi et des activités génératrices de revenus. En somme, en ancrant les politiques publiques dans le réel et le vécu des populations. SM le Roi a noté à cet égard qu’il y avait de très grandes disparités au niveau du rendu de ces unités territoriales. A Casablanca en particulier, l’infrastructure n’est pas à la hauteur de l’ambition de cette mégapole d’être -à court terme- un grand pôle financier.

Ce n’est pas faute d’un budget qui est le triple de celui de Marrakech ou de Fès, mais parce que les tiraillements partisans font avorter la vision unitaire et l’action d’ensemble. C’est, du reste, l’une des raisons qui font que les partis politiques doivent plus que jamais s’attacher à former une nouvelle élite régionale capable de concrétiser les politiques publiques sur le terrain après les avoir calibrées au moule local et, en les mettant au service de leurs mandants. Semblable démarche est préconisée dans toutes les régions du Royaume et plus particulièrement dans nos provinces sahariennes.

SM le Roi qui a mis en garde contre tout triomphalisme dans ce dossier, tant les choses bougent encore, a appelé à une mobilisation constante de tous pour gagner notre cause.
La question du Sahara est l’affaire de tous les Marocains, gouvernants et gouvernés, institutions et citoyens qui pour la gagner doivent faire montre d’abnégation et de hardiesse afin d’acculer le contradicteur à la défensive, a déclaré en substance SM Mohammed VI.

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