Dr Zejly : «Au Maroc, Le dopage reste limité»

Dr Zejly : «Au Maroc, Le dopage reste limité»

ALM : Cela fait plusieurs jours qu’une information circule sur deux cas de dopage détectés chez les deux athlètes marocains Khalid Tighziouine et Abdelkader Hachlaf. Qu’en est-il exactement ?
Dr Lahssane Zejli : Les deux athlètes ont effectivement été contrôlés positifs, Tout d’abord, il faut commencer par faire une distinction entre les deux cas. Pour Khalid Tighziouine, il faut souligner d’emblée qu’il s’agit d’un récidiviste. C’est la troisième fois qu’il a été contrôlé positif. Il l’a même avoué lui-même et à plusieurs occasions. Mais si aucune décision à son encontre n’a été prise pour l’heure, la procédure de sanction est désormais enclenchée et une suspension ne tardera pas à suivre. Pour le cas Hachlaf, le secret professionnel m’empêche d’aller plus loin que d’affirmer qu’il a bel et bien été dopé, mais à son insu.
Cet athlète souffre en effet d’un problème médical personnel, dont je ne peux pas préciser la nature, qui a fait qu’il devait subir un traitement, correctement administré par son médecin traitant. C’est ce traitement, contenant des substances dopantes, qui a été derrière le contrôle positif dont il a fait l’objet.
Quand est-ce que vous avez pris connaissance de ces cas de dopage. Et où est-ce que les athlètes ont été contrôlés pour la dernière fois ?
Tighziouine a été contrôlé positif il y a un mois lors d’un meeting en Allemagne. Et nous venons de recevoir un courrier confirmant le cas de dopage, la procédure de vérification, qui se passe en toute confidentialité étant justement d’une durée d’un mois. Hachlaf, lui, a été contrôlé positif il y a à peu près trois mois. Le retard pris quant à la diffusion de l’information tient à notre souci de l’aider, étant au courant qu’il est victime d’un traitement médical inapproprié.
Quelle est la procédure suivie dans un cas de dopage ?
La procédure dans ce type d’affaires est très simple. Quand un athlète est contrôlé positif à une substance dopante, l’IAAF garde l’information secrète jusqu’à ce que le cas de dopage soit confirmé. Une fois la procédure de vérification terminée et le résultat positif confirmé, l’instance internationale prévient par courrier la fédération d’athlétisme du pays dont l’athlète est issu. La fédération nationale prévenue, l’athlète est convoqué et interrogé. S’il avoue s’être donné au dopage, l’affaire est classée. Sinon, et comme c’était le cas pour Brahim Boulami, une enquête est menée et une analyse de l’échantillon B est réalisée. Une analyse qui vient souvent confirmer celle de l’échantillon A.
Quels sont les efforts menés par la FRMA afin de prévenir les athlètes marocains quant au danger que représente le dopage?
Nous concentrons tous nos efforts sur la sensibilisation des athlètes. Que ce soit pendant les séances de massage, d’entraînement ou de consultation, nous ne cessons de marteler les dangers du dopage à la fois sur la santé et sur la carrière de tout sportif. Tous les athlètes en sont conscients. Même quant ils sont en traitement, ils sont tenus de présenter les médicaments qui leur sont administrés afin qu’une éventuelle erreur de prescription soit corrigée.
Sachant que des précédents en matière de dopage sont enregistrés, peut-on parler d’un fléau qui se répand de plus en plus dans l’athlétisme marocain ?
Je pense que ces cas de dopage nuisent gravement aussi bien à la réputation des athlètes qu’à celle du Maroc. Mais de là à parler de fléau, c’est trop dire. Une comparaison s’impose dans ce sens. En France, on a détecté quelque 203 cas de dopage pendant les cinq dernières années. Au Maroc, ce chiffe ne dépasse pas 12 cas. C’est vous dire que le phénomène est très limité au Maroc. Ceci étant clarifié, personne d’entre nous ne voudrait qu’un des athlètes marocains, réputés très clean, soit dopé.
Qu’est-ce qui justifie dans ce sens que des athlètes marocains, par ailleurs très performants, optent pour des substances aussi illicites que facilement détectables?
A cela il y a deux explications. La première, et la plus répandue, n’est autre que la volonté de certains athlètes de réussir et monter sur le podium à tout prix. Il ne faut pas oublier que la plupart d’entre eux sont issus de milieux très défavorisés. Et quand ils entendent parler du succès et de la richesse cumulée par tel ou tel sportif, ils finissent par céder à la tentation. Certains entretiennent cette tentation et vont jusqu’à proposer la solution-miracle à un athlète souvent peu sensibilisé aux risques qu’il court.
D’ailleurs, et c’est là la deuxième explication, l’ignorance de certains athlètes et leur méconnaissance des risques fait qu’ils cèdent facilement à l’appât du gain. Un appât qui cache tout un piège dont on sort toujours perdant.

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