Driss El Yazami : «Notre rôle est de dire ce qu il y a et de suggérer, le reste est affaire aux décideurs»

Driss El Yazami : «Notre rôle est de dire ce qu il y a et de suggérer, le reste est affaire aux décideurs»

ALM : Le nouveau rapport du CNDH sur les prisons fait grand cas de la torture. Quelle est la véritable ampleur du phénomène ?
Driss El Yazami  : Il n’est  pas dans les proportions que lui prêtent certains critiques au Maroc et à l’étranger. Certes, au cours de nos visites, nous avons eu à connaitre de preuves demauvais traitements, voire de torture ; mais en tout état de cause ce sont des cas individuels dont les auteurs seront sanctionnés, s’ils ne le sont déjà.

Vous êtes en train de nous dire que la torture existe, mais qu’elle n’est pas systématique ?
Effectivement, c’est le sens de mes propos. Mais je voudrais ajouter que c’est bien pour réduire ces foyers que nous avons appelé à remettre en œuvre les instruments de contrôle des conditions de détention dans nos prisons. Ces instruments existent, pourquoi ne pas les utiliser ?

Le rapport du CNDH ne semble évoquer qu’incidemment le rôle de la société civile dans l’amélioration du système pénitentiaire. Est-ce parce qu’il considère de peu d’efficacité ce rôle ?
Bien au contraire, nous estimons que ce rôle est déterminant. Et c’est bien pourquoi nous avons recommandé de permettre aux Organisations non-gouvernementales (ONG) de visiter les prisons. Plus, nous jugeons que ce rôle est déterminant au niveau de la prévention. Comme l’école, les associations de quartier par exemple, sont essentielles à l’amélioration des comportements délictueux. Vous savez, la grande délinquance a commencé petitement. C’est un fait connu.

Le CNDH a particulièrement insisté sur le côté financier de la restructuration. Comment faire alors que le marasme financier et économique est patent ?
C’est une question de priorité. Notre rôle est de dire ce qu’il y a et de suggérer, le reste est affaire aux décideurs même si la loi nous impose d’assurer le suivi de nos recommandations. Ce qu’il y a c’est que la moyenne internationale est 1 gardien pour 3 détenus, nous en sommes à 1 pour 10. Je crois que le chemin en ce qui concerne cette question de budget est tout tracé et qu’il n’est nul besoin de rappeler cette question du surpeuplement chronique qui caractérise nos prisons.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *