Du terrorisme et de ses « théoriciens »

Bien qu’entamées avant les événements tragiques du 16 mai 2003 , c’est à partir de cette date que les arrestations au sein du mouvement salafiste, dit dangereux, ont commencé. Depuis,4 500 suspects ont été interpellés, 2 000 d’entre eux présentés à la justice et un peu plus d’un millier ont fait l’objet de condamnations. Au cœur des connexions terroristes et, donc, de ces arrestations, trois noms revenaient tout le temps : Mohammed Fizazi, Abdelwahab Rafiki, dit Abou Hafs et Hassan Kettani.
Fizazi a été le premier à faire parler de lui. Loin de parler dans sa barbe, ses propos incendiaires ont enflammé plus d’un. Il a légitimé, au nom de la Chariâ, l’assassinat des « impies ». Cela s’est produit en 1998 dans « Al Ittajah Al Mouakiss », la tristement célèbre émission de la chaîne d’information Al Jazeera, animée par Fayçal Al Kassem. Fort de son « succès », Mohamed Fizazi a multiplié les appels au Jihad.
La mosquée où il a prêché, pendant des années, se trouve à Benimakada, à Tanger. Un quartier d’où sont issus de nombreux islamistes impliqués dans des attentats terroristes. Parmi eux, Abdelaziz Benyaïche.
Le Français Richard Robert, impliqué dans les attentats de Casablanca, se rendait régulièrement à la mosquée de Mohamed Fizazi.
Devenu l’un des principaux dirigeants d’Attakfir Wal Hijra (anathème et exil), il a longtemps fait des prêches dans une mosquée de Sidi Moumen.
Ses rapports avec d’autres takfiristes ont été établis. Parmi eux, Abou Hafs, considéré comme l’un des principaux prêcheurs de la nébuleuse terroriste, la Salafia Jihadia. Un statut qu’il doit à son père Abou Houdaïfa. Car, en fin de compte, il n’est que l’aboutissement d’un « plan de carrière » établi pour lui par son père. Agé d’à peine trente ans, le fils devient prêcheur dans une mosquée de Fès où il commence à diffuser ses idées extrémistes. Dans ses sorties médiatiques, il faisait l’apologie de Ben Laden et de son organisation terroriste. Abou Hafs a écopé d’une peine de 30 ans de prison ferme.
De toutes les « figures » inculpées dans le cadre des attentats du 16, le cas de Hassan Kettani est le plus problématique. Condamné à 20 ans de prison, Hassan Kettani reste difficile à qualifier. Qualifié d’« idéologue » des opérations du 16 mai, il a été accusé de « constitution de bande criminelle, d’atteinte à la sûreté de l’Etat et de tentatives d’assassinats ». Kettani est condamné pour avoir été le mentor d’accusés qu’il prétend ne pas connaître.

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