D’une impasse l’autre

Driss Jettou n’a pas la tâche facile. Loin s’en faut. Pour avoir sa majorité, il faut qu’il réussisse le pari de concilier l’inconciliable. Valeur hier, des partis avaient mis en avant leur volonté de participer au gouvernement, les grands concernés n’ont pas encore dit leur dernier mot.
La question se pose au niveau des partis qui se présentent dans les habits de candidats sans être véritablement invités. C’est le cas par exemple de cette alliance peu ortyodoxe entre le PPS, le PSD et Al Ahd. On comprend bien que surtout après le décès de Ali Yata, le PPS ne voit plus d’un mauvais oeil le PSD ou l’OADP. Mais feu Ali Yata devrait se retourner dans sa tombe en constatant cette alliance socialiste regrouper un rejeton de la mouvance populaire. Tout cela est sous-tendu par une logique unique : la logique arithmétique.
C’est en gros cette même logique qui a prévalu dans le regroupement PND-UC. Les deux formations appartenant au wifak, certainement, n’ont pas trouvé mieux dans la conjoncture actuelle que de regrouper leurs forces et donc le nombre de députés. Mais quelle valeur peuvent avoir les deux alliances pour un Jettou à la recherche de grands partis pour former son gouvernement ? L’issue de cette impasse n’est pas aisément visible. Le PJD ne veut pas de l’USFP, lequel ne veut entrer que selon ses conditions qui ne sont pas forcément celles qui font pencher l’Istiqlal… D’une impasse, l’autre, M. Jettou est au centre d’une configuration inédite dans la vie politique marocaine.
Un dosage subtil pour convaincre l’un d’être à côté de l’autre sans froisser le troisième parti qui joue au double jeu, au risque de déplaire à la quatrième formation ou alliance, elle aussi prête à prendre les rênes. Trop d’incertitudes. Trop de calculs politiciens et de petites mesures. Trop de précautions pour une carte politique qui n’a pas donné de véritable majorité pour un scrutin de tous les espoirs. De tout cela, Driss Jettou doit tirer une majorité qui n’est pas celle des urnes – ces dernières ont été pratiquement infructueuses à ce sujet – et qui n’est pas forcément homogène. Encore faut-il qu’il parvienne à faire les bons comptes pour avoir le bon gouvernement.

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